LIVRE IV. —LETTRE NEUVIÈME
pour le salut des âmes, de tous les devoirs de votre minis- ■i^ tère, que vous pouvez accomplir en ces contrées : aussi, je ^ désire que vous n'en remettiez jamais le soin à d'autres, que vous ne vous en reposiez jamais sur autrui. Explorez *toùt par vous-mêmes, et visitez tout en personne : régé- ,nérez de vos propres mains ceux que vous trouverez n'ayant point reçu ce premier et indispensable sacrement. Je sais qu'on a fait un devoir aux receveurs des deniers royaux qui exercent leur emploi parmi ces indigènes, et qu'on a également recommandé très-vivement aux pères de famille , aussitôt que la famille se sera accrue par la naissance d'un nouveau fruit de l'épouse, d'en donner avis, et d'appeller les ministres de Dieu pour les baptiser. Il ne faut point, néanmoins, s'endormir en cette confiance. Les receveurs ont d'autres aJGfaires , et les pères peuvent oublier. Cependant les nouveau-nés sont exposés à mourir sans baptême. Allez donc en personne, cherchez, informez-vous à chaque demeure si aucune femme n'y est récemment accouchée, enfin, s'il s'y trouve, d'une manière ou d'une autre, un enfant qui n'ait point encore reçu l'eau baptismale. Vos recherches et vos questions seront rarement vaines : on vous apportera les enfants, et vous en ferez à l'heure même des chrétiens; vous assurerez ainsi le salut de leur âme, qui serait gravement compromise sans ce zèle actif de votre part, et qui pourrait être à jamais privée de l'éternel bonheur.
Croyez à mon expérience : tout l'intérêt et le fruit de notre présence au milieu de ce peuple se résument en ces deux devoirs, de baptiser les nouveau-nés et d'enseigner les enfants qui sont en âge d'être instruits. Je vous prescris de vous acquitter du second de ces devoirs avec autant ou même avec plus de zèle que vous n'en mettrez au premier, et de vous occuper de la manière la plus active et la plus assidue de l'instruction des enfants. .
Vous devrez charger d'autres personnes de ce ministère; car vous-mêmes, ne devant avoir do résidence
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