LIVRE IV. — LETTRE NEUVIÈME
donnerez une courte et simple explication de ce qu'ils auront récité. Vous ferez la censure des défauts dominants dans la chrétienté ; vous en exposerez l'horreur et le danger, par des exemples sensibles et par des comparaisons à la portée des plus ignorants : et afin d'inspirer une crainte salutaire à ceux qui auraient différé de se corriger, vous multiplierez, dans votre discours, les preuves menaçantes de la colère et de la vengeance divine, non-seulement de cette vengeance tardive qui ne s'exercera qu'après la vie, mais de la vengeance actuelle et comme présente, des maladies, des épidémies, des morts prématurées, de l'invasion des barbares qui les dépouilleront, qui les feront prisonniers et leur feront subir mille maux, enfin tous ces malheurs à travers lesquels passeront les pécheurs endurcis avant de tomber à la fin dans les éternels supplices de l'enfer. En chaque lieu, vous vous informerez s'il y existe des dissensions et des inimitiés entre quelques-uns des habitants, et vous apporterez tous vos efforts, nonseulement à les réconcilier ensemble, et à leur faire abjurer tout ressentiment intérieur ; mais à le leur faire déclarer publiquement, afin que le scandale se trouve ainsi réparé. Les hommes donc, dont l'inimitié a ét^ publique, devront, à l'assemblée des hommes, qui, selon que je l'ai dit , aura lieu tous les dimanches, et les femmes dans l'assemblée des personnes de leur sexe, qui aura lieu tous les samedis, déclarer, sur votre invitation , en présence de tous , qu'ils ont regret des offenses dont ils se sont rendus coupables, qu'ils en sollicitent le pardon , qu'ils veulent à l'avenir oublier celles qu'ils auront reçues, et ont fermement résolu de rendre aux personnes qu'ils avaient auparavant offensées ou haïes, tous les devoirs de la charité fraternelle. Aussitôt que la traduction en langue malabare de l'explication des articles de la Foi, dont j'avais chargé le P. François Coelho, sera terminée, vous aurez soin qu'un gi^and nombre d'exemplaires, un par chaque village, soient répanduspartout, et que dans les assemblées dominicales des