LIVRE IV. — LETTRE NEUVIÈME
Lorsqu'une personne sera morte, vous sortirez de l'église pour vous rendre à la maison où repose le défunt, la croix en avant, accompagnés des enfants, et, à l'allée comme au retour, ceux-ci chanteront les prières qu'ils ont apprises dans les écoles de la doctrine chrétienne : lorsque le corps sera arrivé à la chapelle, vous réciterez les prières sacrées que prescrit l'Église pour cette circonstance, et vous les réciterez de nouveau , dans la forme accoutumée, avant de confier le corps à la terre : vous aurez toujours soin d'adresser à la foule des assistants qu'aura attirés la cérémonie, quelques paroles d'exhortation en rapport avec la circonstance, et de leur rappeler la nécessité de la mort et la fragilité de notre existence ; et combien, en présence de cette pensée, il est nécessaire de vivre saintement, et de' ne point différer de faire pénitence de ses fautes; car si l'on est surpris par la mort étant dans ses péchés, on ne saurait éviter la réprobation éternelle; tandis qu'au contraire, en persévérant dans la grâce de Dieu, l'on a sujet d'espérer que la mort vous introduira dans la gloire du Paradis. Vous recommanderez, le dimanche aux hommes, et le samedi aux femmes, de porter à l'église les enfants malades, afin que vous puissiez réciter sur eux le saint Évangile. Cette pratique aura pour effet d'exciter et de fortifier la foi des pères et des mères, et de leur inspirer un dévouement sincère envers l'Église et ses saints mystères. Enfin cela même sera salutaire pour l'existence et pour la santé de ces petits êtres. ,
A l'égard des affaires litigieuses et de celles qui ont rapport aux intérêts de chacun, qui pourraient s'élever parmi les chrétiens, votre premier devoir doit être d'user d'une extrême douceur et des voies les plus persuasives, afin que les deux parties, s'entendant entre elles, terminent leurs différends à l'amiable et d'après lés règles de l'équité. Si vous ne les y pouvez amener et que, d'ailleurs, l'affaire soit de peu d'importance, le dimanche après les offices de l'Église, vous remettrez aux Patangats locaux le soin d'entendre