LIVRE IV. — LETTRE DIXIÈME
tion, en quelque lieu et avec quelques personnes que vous vous trouviez, de vous appliquer à vous montrer aimable et gracieux avec tout le monde : conciliez-vous les bonnes grâces de tous ; obligez tous également; n'adressez la parole à personne, qu'avec des formes aimables et modestes. Cette bienveillance dans les actes, rendue plus attrayante encore par l'aménité du langage, vous rendra l'objet de la sympathie universelle, et vous ouvrira tous les cœurs, vous donnant par là même une puissance merveilleuse afin de réaliser d'abondants fruits spirituels. Que Dieu vous accorde cette grâce, et qu'il demeure toujours avec vous tous ! Amen.
Février 1548.
Tout à vous.
François.
A Diogo de Perelra(l), à Malaeca.
Que la grâce, etc.
J'aurais préféré vous voir avant votre départ pour la Chine, que de simplement vous écrire sans vous avoir vu; mais le gouverneur m'a prié de venir ici, à Goa, et j'ai dû me rendre à ses désirs. J'avais eu la pensée de visiter mes confrères sur la côte de Comorin, et j'aurais aussi désiré conférer avec vous, ô mon excellent ami! touchant le dessein que j'ai de me rendre au Japon, et que j'accomplirai sans doute l'année prochaine. Je sais, de science certaine, que cette contrée nous donnerait une abondante moisson spirituelle, et que la foi de Jésus-Christ s'y propagerait en tous lieux.
(1) Diogo de Pereira. Ce marchand qui n'hésita pas à sacrifier sa fortune et tous les intérêts de son existence pour le service de Dieu, en reçut, dès ce monde, une ample récompense de la part du roi Jean III, selon la prédiction du Saint.