‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 321 sur 759 · LIVRE IV. — LETTRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LETTRE DIXIÈME

Je vous recommande, au nom de notre amitié, d'acquérir, avant votre départ pour la Chine, un trésor d'un pris inestimable, que les marchands malais et chinois négligent d'ordinaire, j'entends parler d'une bonne conscience, dont la plupart de ces personnes ignorent même l'existence. Tous ces marchands sont persuadés que le soin de leur âme et de leur conscience leur serait une cause infaillible de ruine. J'espère cependant, avec le secours divin, que Diogo de Pereira, mon digne ami, pom' s'être muni du trésor d'une bonne conscience, ne laissera pas que de s'enrichir, tandis que d'autres, insoucieux des biens spirituels , tomberont, peut-être, dans la pauvreté la plus excessive. Je ne cesse de demander à Dieu qu'il vous conduise heureusement en Chine, et qu'il vous ramène vers nous en santé, et plus riche encore des biens spirituels que de ceux du siècle. ^ , : >

J'envoie de Goa à Malacca deux de nos confrères. L'un, François Ferez (1) , est prêtre ; et, selon notre méthode, il prêchera, confessera et instruira les enfants et les ignorants; l'autre (2), qui est son coadjuteur et qui n'est pas encore prêtre, enseignera la lecture aux enfants portugais; plus tard U leur fera lire et relire de petits livres de piété, préférables, pour ces jeunes esprits, aux écrits dangereux de controverse malaise, dont la lecture fait de nos enfants portugais de véritables petits Malais. • -.

Que le Seigneur Jésus demeure avec vous, comme j'ai le désir qu'il demeure avec moi.

De Goa, le 2 avril 15Zi8. François. /

(() Le P, François Perez, Caslillan, fut envoyé par le Saint de Goa à Malacca, en 1545, et y fonda un collège de la Compagnie. 11 travaiiia à Trayancore, à la côte de la Pêcherie, et fixa plus tard sa résidence à Négapatan, où il mourut saintement, en 1583, après quarante-trois ans de merveilleux travaux. Le P. Xavier l'avait jugé l'un des plus grands saints qui existassent, de son temps, dans l'Église de Dieu.

(2) C'était Roch d'Oliveira, scolastique, excellent professeur.

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