‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 322 sur 759 · LIVRE IV. — LETTRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LETTRE ONZIÈME

A François Henrlqaez(l)^ au Travancore.

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Que la grâce et la charité de J.-C. N.-S. , etc.

J'aurais préféré, sans doute, mon bien cher frère, m'entretenir avec vous de parole plutôt que par lettre , et vous apporter quelques consolations dans les peines et les épreuves que vous supportez pour l'amour de J.-C. Je n'ignore pas que ces consolations ne sont pas l'objet de vos désirs, comme pour les personnes qui jouissent avidement des plaisirs de ce monde, afin de passer leur vie dans les délices terrestres. Ne devons-nous pas gémir sur leur malheur, tandis qu'il faut porter envie à ceux dont, selon l'Apôtre, le monde n'était pas digne. Ne VOUS attristez pas, mon frère, si vous obtenez moins de succès que vous ne présumiez, dans la culture de ces chrétientés nouvelles; cette nation n'est-elle point, comme vous l'écriviez, entièrement livrée au culte des idoles, et le roi, si contraire à la religion, ne se montre-t-il pas un ardent persécuteur des chrétiens ? Ne doutez pas que vous n'opériez plus de bien que vous ne pensez, en allant à la recherche des nouveau-nés pour les enfanter au ciel par le baptême. Si vous considérez bien toutes choses avec les lumières de l'esprit, vous trouverez qu'un faible nombre parmi les habitants des Indes, blancs et noirs, sont dignes d'aller au ciel, si ce n'est les enfants de moins de quatorze ans, qui sortent de celte vie avec leur innocence baptismale.

Ne voyez-vous pas, mon bien cher frère, qu'ainsi que je vous l'ai dit, vous opérez plus de bien que vous ne le pensez? Considérez le nombre des enfants baptisés par vos mains, qui déjà possèdent la félicité du ciel, dont ils se-

(1) Ce Père, arrivé aux Indes en 154C, fut missionnaire au Travancore et à Cochin. " '

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