‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 323 sur 759 · LIVRE IV. — LETTRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LETTRE ONZIÈME

raient privés, si vous vous étiez retiré sans les avoir enfantés à J.-C. par le baptême. Ne voyez-vous pas que l'éternel ennemi des âmes, qui vous hait profondément, désire votre départ immédiat , afin que personne, à l'avenir, dans ce royaume de Travancore, ne soit élu pour le royaume du ciel ? C'est un de ses artifices les plus ordinaires, que de faire entrevoir comme une espérance de servir Dieu plus utilement ailleurs, afin d'inquiéter et de détourner ceux qui rendent à pieu les plus éminents services en la place où ils sont. Je crains qu'il n'emploie cette ruse à votre égard , afin de vous éloigner de ce pays. Ne perdez pas de vue que dans les huit mois de votre séjour, vous avez sauvé plus d'âmes en baptisant les enfants moribonds, que vous n'en avez sauvé dans le nombre des années que vous êtes demeuré dans le Portugal et aux Indes. Cessez d'être surpris de vous voir si 'vivement assiégé par le démon. Il n'agit ainsi, et ne combat contre vous, que pour vous faire quitter ce pays pom* un autre, où vous aurez moins d'âmes à sauver. Apprenez plutôt ce qui doit, je pense, vous satisfaire infiniment , qu'il nous est arrivé plusieurs confrères du Portugal au mois de septembre. En quittant Goa, je leur ai laissé l'ordre de venir à notre aide. A présent, je retourne à Goa pour une^ affaire qui concerne la religion, et si je la termine heureusement, j'en verrai naître d'heureux fruits pour la conversion d'un grand nombre d'indigènes.

Je vous invite à demander à Dieu, que si nos péchés ne nous permettent point d'être ses dignes ministres, il daigne, dans son infinie bonté, et dans son immense charité pour les hommes, se servir au moins de notre entremise, si misérable qu'elle soit, pour la propagation de sa reli-

gion.

Punicale, 19 octobre 1548.

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