‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 326 sur 759 · LIVRE IV. — CATÉCHÉTIQUE AUX MOLUQDOIS · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CATÉCHÉTIQUE AUX MOLUQDOIS

riage entre les hommes. En effet, le Père de la sagesse, l'Auteur de la nature n'a point donné à Adam plus d'une épouse, et il est évident que c'est violer l'ordonnance divine que de suivre la coutume criminelle de la plupart des Maures et des idolâtres, et, chose plus perverse et plus déplorable encore, d'une infinité de mauvais chrétiens, quienti-etiennent plusieurs femmes à la fois dans leurs demeures ; et ceux-là même qui vivent avec une seule , encourent souvent les censures qui dérivent de la loi primitive : car Dieu n'a permis à Adam et à Eve de donner naissance à des enfants, qu'après avoir été légitimement unis par l'autorité de leur Créateur.

Or les fornicateurs qui se montrent ainsi rebelles à leur divin Auteur, doivent s'attendre à une peine en rapport avec leur crime. Que ceux-là reconnaissent aussi, qui sont adorateurs des idoles, de quel crime ils se rendent coupables, lorsqu'ils abandonnent avec mépris Dieu, le seul vrai Créateur de toutes choses, et, que, dans leur fanatique erreur , ils rendent leurs adorations à des simulacres muets, à des fantômes émanés de l'enfer : tandis que la saine raison nous montre avec évidence que nous devons demander la règle de notre existence à la source même de notre vie, ceux-là, dans leur folie sacrilège, livrent toutes leurs espérances et le principe de leurs actions à des prestiges et à des sortilèges , et à la vaine prescience des devins : ils transfèrent au démon, l'implacable ennemi de leur salut, la créance et la vénération qu'ils devaient à Dieu, l'Auteur de tous les biens, qui leur a donné leur âme, leur corps, tout ce qu'ils sont, tout ce qu'ils peuvent et ce qu'ils possèdent : impiété qui n'est pas moins honteuse et détestable en elle-même, que fatale aux infortunés qui la commettent : car leur superstition insensée les exclut du ciel où a été préparée, pour les âmes des adorateurs de Dieu, une demeure d'éternel repos, et la plénitude de toutes les consolations : bienheureux séjour de la félicité, pour laquelle le Créateur infiniment bon a fait naître les hommes.

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