LIVRE IV.— CATÉCHÉTIQUE AUX MtOLÛQUOIS
mais sans remède , lorsque saint Michel, notre ami le plus véritable, et les anges qui avaient partagé son obéissance, en possession déjà du prix de leur constance, c'est-à-dire de la bienheureuse jouissance de la gloire éternelle des cieux, unis dans un concert de miséricorde envers l'infortmiée nature humaine, se prosternèrent, suppliants, aux pieds de Dieu, et s'efforcèrent d'en obtenir un remède à un malheur si immense, qui, du péché d'Adam et Eve, avait étendu son influence à la descendance entière de ces deux coupables. On pense que leur prière était conçue en ces termes : • '-- '-.■■ ■ . -.i-:--:, \i'.-
«Dieu de bonté. Seigneur plein de clémence. Père de toutes les nations, déjà le temps est venu, et le jour objet d'une suprême attente, depuis l'origine des siècles, ce jour a déjà paru, que, dans les éternels conseils, vous aviez destiné pour être le témoin de vos miséricordes envers les hommes infortunés ; ce jour où la porte du ciel doit s'ouvrir pour les enfants d'Adam réconciliés à la grâce de l'adoption divine, s'est déjà révélé à nous, dans son aurore, à la naissance de la fille des saints Anne et Joachim, (Je la Vierge trèssainte entre toutes les femmes, exempte du péché d'Adam, de Marie, de qui la vertu et la sainteté surpassent, par une incomparable prééminence, celles de tous les êtres inférieurs à Dieu. Et cette Vierge est si pure et si glorieuse, que, sans "doute, ce ne serait point une œuvre indigne de votre toute-puissance et de votre sagesse, que de daigner, de son sang virginal, et vous le pouvez facilement. Seigneur, former un corps humain, comme autrefois. Seigneur, vous avez formé le corps d'Adann lorsque ce fut agréable à votre sainte volonté. Et, dans ce corps, formé de la trèspure substance d'une vierge, vous pouvez" aussn, tout-puissant Seigneur, créer à la fois, y inspirer et y unir intimement une âme d'une éminence souveraine, et surpassant, par son infinie sainteté, toutes tes âmes que vous, avez jamais créées ou que vous créerez jamais. — (A ce moment. Dieu résolut, dans les saints conseils de son adofjible Trinité,
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d'associer une personne divine à la nature humaine, dans le sein de la|vierge Marie),— afin que de cette Vierge, la plus parfaite entre toutes, naisse Jésus-Christ, votre Fils, Sauveur de tout l'Univers. Ainsi, Seigneur, s'accompliront les Écritures, ainsi sera vérifiée la foi des promesses, par lesquelles vous vous êtes engagé envers les prophètes et les patriarches, vos amis, qui s'y sont fondés pour attendre, dans les limbes, votre FUs Jésus-Ghiist, leur Seigneur et leur Rédempteur. »
A cette prière des saints anges, le Très-Haut, Dieu souverain et tout-puissant, touché d'une miséricorde infinie à la vue de notre innocente misère, si présente à sa pensée, envoya du ciel le saint archange Gabriel en la cité de Nazareth, où demeurait la Vierge Marie, et cet ange, selon l'ordre qu'il en avait reçu de celui qui l'envoyait, lui dit : (; Je vous éalue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes ; l'Esprit-Saint doit survenir en vous, la vertu du Très-Haut se répandra sur vous, et le fruit qui naîtra de vous s'appellera Jésus-Ghrist, le Fils de Dieu. » En entendant ces paroles de l'archange, la Très-Sainte- Vierge Marie répondit : « Je suis la servante du Seigneur; qu'il soit fait avec moi selon votre parole. » A l'instant précis où la Très-Sainte-Vierge donna son assentiment aux paroles divines, dont le saint archange était l'interprète. Dieu forma dans les entrailles de celte Vierge et de la partie la plus pure de son sang, un corps humain, auquel il unit intimement une âme créée dans le même instant; en même temps, la seconde personne de la Sainte- Trinité , Dieu le Fils, s'incarna dans le sein de la Vierge Marie, uniss.'^nt à sa divine hypostase cette âme et ce corps, tous deux infiniment saints.
Après ce temps, et neuf mois entiers étant révolus, depuis le jour où le Fils de Dieu s'était incarné, jusqu'au jour de sanaissacice, Jésus-Ghrist, sauveur du monde entier, vrai Dieu et vrai homme, naquit de la Vierge Marie ; et c'est ce que professa saint André par ces paroles : « Je crois en Je-
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