‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 33 sur 759 · CHAPITRE QUATRIÈME (1 SZlÔ-lSZiS · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME (1 SZlÔ-lSZiS

villages chrétiens de l'île, et fit planter partout des croix pour la consolation des fidèles. Une de ces croix, au pied de laquelle des femmes chrétiennes qui priaient avec ferveur obtinrent une pluie abondante, devint célèbre dans toute la contrée. En effet, ces pieuses chrétiennes , indi^é.es de voir supplier les idoles pour en obtenir la cessation d'une sécheresse, et se souvenant de la parole du Saint, que tout ce qu'on demandait au pied de la Croix pouvait s'obtenir de Dieu, n'hésitèrent pas à se mettre en prières, et virent exaucer leur foi par un miracle immédiat. On vit plus tard , dans une incursion des Javaies, des effets plus admirables encore de la foi des Amboinais, qui, pour conserver leur religion, et pour sauver des outrages des païens les objets de leur culte et une croix plantée par le P. Xavier, souffrirent en grand nombre tous les tourments, et la mort, par l'effet de la grâce toiite-puissantè de Jésus-Christ , qui les confirma jusqu'au martyre. . '^^

Ce fut sans doute après ce second voyage h Amboine, et avant de revenir à Malacca, que le P. Xavier visita Macassar, pieraier et principal objet de son voyage. Il ne nous a été conservé que peu de témoignages à cet égard, et les lettres du Saint ne parlent point de sa prédication dans cette île. Il est constant néanmoins qu'il en convertit et baptisa le souverain avec son fils , et un grand nombre de ses sujets, ainsi qu'il est constaté par les actes de la canonisation du Saint. ': , .

Au mois de juillet 15/i7, l'Apôtre des Indes était de retour à Malacca, où l'attendaient trois religieux de la Compagnie, Joam de Beira et Nunez Ribeiro, prêtres, et Nicolas Nunez, Frère. Mandas n'était point venu , préférant à l'obéissance la satisfaction de sa volonté propre. Xavier l'exclut de la Compagnie, malgré ses qualités éminentes, aimant mieux se priver d'un bon ouvrier que de conserver dans la Compagnie un membre désobéissant. Avec les trois rehgieux étaient arrivés sur la flotte de I). Pérez de Tavora plusieurs autres Confrères : les PP. Henri Henriquez, François Henriquez, François Pérez et Alonzo Cypriano, et les FF. Balthazar Nunez , François Adami et Manoël de Moralez. Tous ces religieux avaient été distribués entre Goa, le cap Comorin et la côte de la Pêcherie. Les trois rehgieux venus à Malacca partirent au bout d'un mois pour la mission des Moluqifeî

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VIE DE SAINT FRANÇOIS-XAVIER

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Tandis que le Saint, attendant un navire pour revenir à Goa, portait à lui seul le poids du ministère spirituel dans la ville de Malacca, un événement survint qui accrut d'une manière immense sa réputation dans les Indes. , f^..; '

Les rois mahométans, remplis dehàïne pour le nom chrétien et pour la nation portugaise, avaient formé le dessein d'anéantir Malacca. L'un d'eux , Alaradin, roi d'aehem, avec 5,000 soldats, après avoir ravagé les côtes et s'être emparé du port au-dessus de la ville, entra le 9 octobre 1547 dans le port principal, avec soixante grands navires et un nombre considérable de bâtiments* légers. Bajaja Soora, amiral de la flotte, avait déjà reçu de son maître un titre de souveraineté, comme récompense de la conquête future. La plupart des bâtiments portugais furent détruits dans le premier engagement, et l'amiral mahométan provoqua dans une lettre insolente D. Francisco de Mello , gouverneur de la ville, à une bataille rangée.

Le P. Xavier, appelé par le gouverneur, descendit vers lui de l'église Notre -Dame-du-Mont, où il venait de célébrer les saints mystères, lut la lettre de défi, et levant ses regards au ciel, conseilla d'accepter la bataille, pour l'honneur portugais et pour la gloire de la religion. « Si Dieu est avec nous, s'écria le Saint, qui sera contre nous? Nous n'avons à opposer à l'ennemi que huit faibles bâtiments, en désordre et désemparés; mais Dieu donnera la victoire aux siens. » Il embrassa l'un après l'autre les capitaines de navires, qui tous assistaient au conseil, assigna son bâtiment à chacun, et pressa le gouverneur Mello de hâter ses dispositions. Il voulait accompagner la flotte ; mais les habitants , croyant que tout serait perdu si le Père s'éloignait, ne voulurent point y consentir.

A la veille du départ, le Saint rassembla les deux cents hommes qui composaient l'expédition, et représentant à leurs yeux les plaiesde Jésus-Christ , par lesquelles ils pouvaient s'assurer contre la crainte des blessures et de la mort, il promit d'élever sans cesse les mains vers le Ciel, et d'accompagner en esprit ses'généreux frères. Tous alors d'une commune voix jurèrent de rendre à leur Dieu vie pour vie ; tous se confessèrent et reçurent la communion des mains du P. Xavier.

Le premier navire se perdit à la sortie du port, et tout le peuple en fut consterné; mais Xavier, en ce moment à l'autel, et qui allait consommer la sainte Hostie, imposa silence de la main à l'envoyé

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