‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 330 sur 759 · LIVRE IV. — CATÉCHÉTIQUE AUX MOLUQUOIS · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CATÉCHÉTIQUE AUX MOLUQUOIS

et de puissance, que ces pêchSlrs grossiers et sans lettres adressaient la parole au peuple, et l'enseignement divin de Jésus-Christ Fils de Dieu suppléait en eux au défaut d'étude et de science humaines : de même par l'invocation de son nom, les apôtres opéraient des merveilles, délivrant les hommes de différentes maladies et de la possession des malins esprits ; et ces œuvres, qui surpassaient les puissances de l'humanité, étaient, pour ainsi dire, le sceau des vérités qu'Us annonçaient, touchant l'avènement du Fils de Dieu : des vérités si nouvelles devenaient parfaitement évidentes, par l'effet de ces preuves toutes-puissantes, et de tant de miracles revêtus du caractère incontestable de l'intervention divine.

L'éclatante renommée de Jésus et de ses disciples s'étant répandue dans toute la Judée , offensa les principaux de la nation , gens remplis d'une vaine opinion d'eux-mêmes, ceux-là surtout que l'on appelait pharisiens , orgueilleux contempteurs de toute supériorité, et qui s'irritaient d'ordinaire, si quelque hérésie ou secte, qui n'était point la leur, obtenait quelque renommée de science ; et l'on peut aisément conjecturer quelle amère humiliation ce dut être, pour ces caractères si altiers , de voir Jésus- Christ censurer leur doctrine, aux applaudissements de tout un peuple, lorsque l'admiration du vulgaire en était venue à ce point, qu'il s'en fallait à peine que les Pharisiens eux-mêiiies ne fussent précipités du faîte de la puissance et des honneurs qu'ils occupaient depuis un temps infini; et que le maître nouveau ne s'y vît porté, environné de la poignée de pêcheurs qui formait son cortège. Consumés d'une fureur inspirée par l'enfer, ils résolurent de mettre en œuvre tous les artifices de la calomnie afin d'arracher à Jésus-Christ, à la fois, sa réputation et sa vie.

Dans ce dessein, ils entreprirent de séduire, par des discours pleins d'artifice, les hommes qui se trouvaient à la tête des affaires, et ils déterminèrent Pilate, alors gouverneur de la Judée, après l'avoir circonvenu par leurs prières, et

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