LIVRE IV. — CATÉCHÉTIQUE AUX MOLUQUOIS
s'appliquaient sérieusement, chaque jour, pendant cet instant que l'on appelle une heure, à la méditation de ces peines, et s'ils s'en faisaient une image , si imparfaite que le puisse permettre l'obscurité qui règne en l'intelligence pendant notre vie , sans doute ils éprouveraient une plus vive horreur de tous les désordres et des crimes auxquels ils se livrent sans remords et comme en se jouant, et qui les engagent et. doivent les précipiter sans retour en ces effroyables supplices, pour toute une éternité.
C'est le séjour de Lucifer, prince des esprits révoltés contre Dieu, et de tous les démons qui ont suivi ses étendards, et qui sont tombés avec lui dans l'abîme, après avoir été précipités du ciel. C'est le séjour de tous les hommes qui, depuis l'origine du monde, ont rendu le dernier soupir, séparés de la grâce de Dieu et coupables de péché mortel. Ceux qui sont une fois précipités dans la fournaise des enfers, y gémissent éternellement et sans espérance, sans cesse dévorés par les déchirantes atteintes de maux immenses et infinis, sans remède et sans allégement, sans consolation d'aucun genre, qui leur vienne d'aucune part, durant l'éternité des siècles; et il en ont la conviction absolue et irrévocable.
0 mes frères! quel est donc notre égarement? Ainsi, nous vivons exempts de toute appréhension de l'enfer; et, tous les jours, nous amassons incessamment en notre conscience des crimes énormes et sans nombre, qui serviront d'aliments à ces flammes éternelles qui devront dévorer.nos âmes. N'est-ce point là le signe le plus évident que notre foi n'existe plus, car je ne dirai pas qu'elle n'est qu'affaiblie : en vain , notre parole en fera-t-elle une profession apparente : nos œuvres et notre vie entière sont des témoignages plus véridiques, qui démentent notre voix, et la réduisent au silence ; en effet, de se dire chrétien et de 'abandonner au péché, comme font les mahométans et les idolâtres, c'est mériter d'être appelé menteur, lors-
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