LIVRE IV. — CATÉCHÉTIQUE ACX MOLUQUOIS
qu'on pr^ligid croire aux feux éternels et à des peines sans fin, réservées aux déserteurs de la loi divine. L'Église, c'est-à-dire, l'ensemble des fidèles qui combattent sur la terre , ou des saints qui régnent avec Dieu et triomphent dans le ciel, ne prie jamais en faveur des morts qui sont relégués dans l'abîme des enfers : l'Église n'ignore pas qu'ils sont exclus du Paradis pour l'éternité tout entière, que leur espérance est absolument perdue, et leur ruine irrévocablement consommée. En même temps l'Église de la terre et l'Église du ciel secourent, de leurs charitables suffrages , les âmes éprouvées au sein du purgatoire; ces deux Églises, pleines de sollicitude pour les âmes qui sont encore en ce monde, s'efforcent aussi de leur obtenir les grâces nécessaires, afin de les aider à ne point tomber dans les flammes éternelles des enfers.
Jésus-Christ étant mort le vendredi, sa très-sainte âme, toujours unie à la divinité, descendit aux limbes, et en fit sortir toutes les âmes qu'il y trouva dans l'attente de sa venue; et le troisième jour, quifut le dimanche, ou le jour du Seigneur, il réunit de nouveau sa très-sainte âme au corps qu'il avait quitté lorsqu'il avait expiré sur la croix, et il ressuscita d'entre les morts. Il apparut ainsi dans sa vie nouvelle, et revêtu des perfections de sa bienheureuse . immortalité, d'abord à sa très-sainte mère la vierge Marie, ensuite aux apôtres et aux disciples, et à ses autres amis* et fit, par ces apparitions , succéder une joie ineffable et surabondante à la douleur profonde où les avait plongés sa mort. Il offrit par la bouche de ses disciples le pardon à ses ennemis mêmes, et à ceux qui l'avaient crucifié, et il l'accorda effectivement à tous ceux qui consentirent à recevoir cette grâce : il y en eut alors un grand nombre parmi les juifs; car il arriva, ce qu'on ne peut assez admirer, que beaucoup de ceux qui avaient opiniâtrement refusé de croire à Jésus-Christ, lorsqu'il vivait , qu'il annonçait lui-même son Évangile, et qu'il confirmait sa prédication par de merveilleux prodiges,! ne le voyant plus, ne
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