‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 348 sur 759 · LIVRE V, — LETTRE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LIVRE V, — LETTRE PREMIÈRE

tous les esprits denos élèves, et de nos confrères, dont il ^^doit être le supérieur, et s'il y veut réussir^ que jamais il 'ne paraisse désirer d'être plus redouté qu'aimé; qu'il n'essaie jamais de gouverner par la sévérité, par la crainte, *les confrères dont il est chargé , comme s'ils étaient des esclaves somnis à son domaine absolu. Ces rigueurs feraient sortir de la Compagnie beaucoup de nos frères, et n'en laisseraient entrer qu'un petit nombre. Avec nulle personne, à mon sens, la contrainte ne doit être employée, si ce n'est celle tout aimable de la charité, et personne ,i|e doit être retenu contre son gré parmi nous; laissons plutôt aUer , tel est mon sentiment , et renvoyons malgré mus. , s'U le faut, ceux à qui l'Institut ne saurait convenir ; traitons en même temps avec douceur , avec amour, 1^ sujets qui conviennent à la Compagnie, afin que le lien de la charité les conserve parmi nous et leur donne les moyens de multiplier leurs vertus et leurs mérites, surtout en vue des épreuves infinies qui les attendent en ces contrées, pour la cause de Notre-Seigneur Jésus-Christ. En vé- IJté, je le déclare, la Société de Jésus n'est autre qu'une société d'amour et d'union, et la trop grande sévérité, coai^ la crainte servile, en doivent être bannies. Dans mes paroles, je n'ai pour objet que de vous conseiller de choi^ un confrère, ayant les talents et la force nécessaires pour ce fardeau, et qui soit tel enfin, que son commandement paraisse plutôt dicté par l'esprit d'Obéissance que par le sentiment de l'autorité.

La connaissance que j'ai de ces 'contrées me permet d'affirmer que les naturels de l'Inde ne laissent aucun espofr de voir notre Société se perpétuer par des indigènes; et la religion chrétienne pourra survivre à peine à nous et à nos frères qui existent dans le pays. II. est donc nécessaire de nous envoyer de nouveaux sujets. Dans toutes les parties des Indes qui contiennent des chrétiens, nous avons quelques-uns de nos Pères : quatre aux Moluques, deux à Malaçca, six au cap Comorm, deux à Coulam, deux

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