LIVRE V. -^LETTRE PREMIÈRE
à Baçaim (1), quatre à Socotora; et toutes ces places sont séparées les unes des autres par de consiidérables distances ; ainsi , les Moluques sont à plus de mille lieues de la ville de Goa, Malacca à cinq cents , le cap Comorin à deux cents, Coulam à cent vingt-cinq, Baçaïm à soixante, So-. cotora à trois cents ; dans toutes ces résidences , un de nos confrères est le supérieur des autres : et ces supérieurs sont assez remplis de sagesse et de vertu , pour qu'ils ne laissent point défaillir la vertu de leurs frères. %
Dans ces contrées, les Portugais ne sont les maîtres que de la mer et des côtes : sur le continent, ils ne possèdent que les forteresses qu'ils occupent. Les indigènes sont tellement livrés au péché, qu'ils ne nous donnent aucun espoir de les voir se rendre chrétiens; ils s'en montrent même si éloignés, qu'ils s'irritent lorsque nos paroles, ont trait à la religion. Leur demander de se faire chrétiens, c'est à leurs yeux la plus mortelle injure. Notre unique soin est donc de conserver les anciens chrétiens. Si les Portugais témoignaient plus d'éjprds aux nouveaux convertis, sans doute nous ferions un plus grand nombre de conquêtes ; mais les païens , témoins du mépris souverain des Portugais pour les néophytes, refusent d'entrer dans le sein de l'Église. Mes efforts ici deviennent donc moins utiles; et sachant de source certaine que le Japon, pays qui touche à la Chine , est entièrement peuplé d'infidèles , parmi lesquels n'ont jamais pénétré ni les Sarrasins ni les'' Juifs (2) , et qui désirent avidement s'instruire dans toutes
(1) Baçaïm, port de mer, à 27 milles au N. de Bombay, par 19» 20' lat. N., ^ avait été cédée, en 1531, aux Portugais par le sultan de Cambaïe. *
(2) Les docteurs mahométans exercent encore leur déplorable prosélytisme sar le continent des Indes et dans les archipels environnants. La propagande qui, sous les premiers khalifes, pénétrait, le sabre à la main, t , dans toute l'Asie, pour n'être plus meurtrière, n'en est pas moins active, et
tous les ans il arrive de ces missionnaires infidèles, de la Perse et du
centre de l'Asie, pour se répandre dans les régions du midi. Devons-nous |^A
dire ici que le gouvernement néerlandais, mcme dans notre siècle, les attire *, ^ ^^
à prix d'or, pour les employer comme instruments de sa politique dans scs *iî 'î /^ ^ ,