LIVRE V.— LETTRE PREMIÈRE
les sciences dkines et humaines , je vais me rendre dans cet empire. J'entreprends ce voyage avec une joie spirituelle indicible , avec plus d'espérance encore, me promettant les fruits les plus abondants et les plus durables de nos travaux au milieu de ces peuples. ■.
Au collège de Goa, appelé le collège de Sainte-Foi, sont trois élèves japonais, venus deMalacca avec moi au mois d'avril dernier. Ils font des récits merveilleux du Japon. Ce sont des jeunes gens d'une conduite irréprochable, d'une vive intelligence, surtout Paul qui vous adresse une longue lettre. Dans l'espace de huit mois il a appris à lire et à écrire en portugais ; à présent il s'exerce, avec de grands fruits, au moyen des méditations spirituelles. Il est assez instruit touchant les mystères de la religion chrétienne. J'espère qu'avec la grâce de Dieu il devra se faire, au Japon, un grand nombre de chrétiens. J'ai résolu d'aller dès mon arrivée vers le souverain, et de me rendre ensuite dans les universités et dans les collèges , et je présume y devoir recueillir une abondante moisson spirituelle. Les doctrines rehgieuses des Japonais sont, d'après le récit de Paul, venues de l'université de Génie (1), ville située au delà de la Ghine et du Gathaï (2), et éloignée du Japon d'une
possessions des Indes ? Le même gouvernement, en 1650, envoyait chercher, pour l'île de Ceylan, des lamas bouddhistes, afin d'y restaurer le culte de leur idole, en même temps qu'il décrétait la peine de mort contre les missionnaires catholiques qui pénétraient dans l'Ile , alors entièrement chrér "tienne. ,fv' " #V; ''
Le judaïsme ne fait plus de progrès dans les tndès : nous avons vu que ses dernières traces disparaissaient en Chine. Pour les enfants d'Israël, il est permis de pressentir l'heure bénie du retour.
(i) Génie. Les Japonais paraissent avoir reçu des Chinois les premiers éléments de leurs sciences j mais des erreurs fabuleuses planent sur ces origines, et la révélation prochaine de la httérature japonaise nous permet à peine d'espérer un éclaircissement, que nos vénérables missionnaires du xvn' siècle n'ont pu se procurer avec les livres chinois. Nous n'avons pu connaître quelle était- celte université de Cénic, dont le Saint fera souvent mention, et sur laquelle les témoignages japonais eux-mêmes étaient tout â fiait vagues.
(2) Nom domié, dans le.moyen âge, à la partie septentrionale de la Chine, ou au Thibet.