‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 374 sur 759 · LIVRE y. — LETTRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE y. — LETTRE CINQUIÈME

li emmène avec lui trois pm-sonnes de la Compagnie , un prêtre et deux coadjuteurs. L'île de Socotora a environ cent milles de tour. Elle est entièrement habitée par des chrétiens qui , privés de prêtres depuis un temps infini , n'ont plus de chrétien que le nom. Ils se disent les descendants de ceux qui furent convertis par l'apôtre saint Thomas. J'espère qu'avec le secours du P. Cypriano et de ses confrères ces peuples reviendront dans la bonne voie.

L'île est très-pauvre en fruits de la terre et en productions nécessaires à la vie ; elle est aride et dure à habiter. Cependant le P. Cypriano , vieillard sexagénaire , s'y rend avec joie, dans la confiance qu'il y pourra rendre à Dieu d'importants services, et en même temps effacer les péchés de sa première existence. Quoique dès l'abord il eût allégué l'excuse de son âge, déjà avancé, et qui le rendait impropre à des travaux pénibles , il déclara bientôt être heureux de partir, puisque c'était nécessaire.

':.Le P. Nicolas Lancilotti, quoique d'une faible santé, paraît se rétablir ; il habite à Coulan , ville située sous un climat très-salubre, à quatre-vingts milles de Cochin. Il y préside à la fondation d'un collège de la Compagnie.

On pourrait établir dans ces contrées un grand nombre de collèges, si IVP Simon, ainsi que je vous l'ai écrit, venait ici revêtu d'une grande autorité de la part du roi, et amenait avec lui un nombre suffisant de nos frères , parmi lesquels seraient six à sept prédicateurs et d'autres sujets capables de recevoir les confessions , de donner les exercices spirituels, et de convertir les païens à la foi de J.-C. ; mais tous doivent être rempUs de sagesse et d'expérience. J'ai moi-même écrit à sa majesté au sujet de M' Simon; j'ai prié le roi de nous l'envoyer avec assez d'autorité, pour qu'il puisse non-seulement fonder des collèges, mais encore protéger les chrétiens indigènes, et les païens eux-mêmes, que la plus faible apparence de faveur concilierait sans peine à J.-C.

Je vous transmets les caractères de l'écriture japonaise;

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