LIVRE Y. — LETTRE SIXIÈME
car ce peuple diffère considérablement des autres pour la manière d'écrire. Ils commencent au haut de la page, et tracent de haut en bas des lignes parallèles. Je demandais au Japonais Paul pourquoi sa nation n'écrivait point comme nous? Mais vous-même, répondit-il, que ne consentez-vous à nous imiter? Gomme les hommes ont la tête élevée, et les pieds sur la ten^e, ainsi, dans leur écriture, ils devraient tracer des lignes verticales. Je vous envoie aussi la description du Japon et des mœurs de ses habitants, ouvrage du Japonais Paul, homme vraiment pieux et digne de confiance. Dans deux mois, si Dieu daigne approuver mon dessein , je m'embarquerai pour le Japon avec le P. Cosme de Torrez, Paul et deux autres Japonais. Je vous écrirai, du pays même, ce que renferment les livres japonais. Je n'ai pu l'apprendre de Paul ; il est sans littérature, et n'a jamais eu entre les mains les monuments écrits de sa nation, qui (de môme qu'en Europe les livres écrits en langue latine) sont rédigés dans une langue, pour ainsi dire, étrangère au peuple.
Que Jésus Notre-Seigneur nous enseigne de faire sa volonté (1), et qu'après l'accomphssement de nos travaux en cette vie, il nous transfère dans l'éternel séjour de la béatitude! Amen.
Goa, 15 février 1549.
An P. Gaspard Barzée, de la Compagnie de Jésns, à son départ pour Ormuz (S).*}
Avant toutes choses, souvenez-vous de vous-même, rendant le devoir à Dieu d'abord, et ensuite à votre conscience.