‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 384 sur 759 · LIVRE Y. — LETTRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE Y. — LETTRE SIXIÈME

rieuses qu'elles puissent être , ne méritent aucune confiance, si on n'en donne des gages effectifs et irr^àgables. Faites-vous donner des garanties de ce qui est promis pour l'avenir ; aucun moment n'est plus favorable à ces sortes de sacrifices, aussi difficiles que nécessaires; quand le zèle et la première émotion se seront refroidis dans une âme, que les séductions habituelles se renouvelleront avec leur attrait perfide, et commenceront à faire renaître en l'esprit l'habitude invétérée du péché, vous réclamerez eu vain la garantie de ces promesses. Avant d'absoudre un pécheur de tous ses péchés , par une sentence de salut , exigez absolument qu'il rompe définitivement avec toutes les occasions de ses chutes. Autrement, si grande est la fragilité de l'homme, que bientôt vous le verrez retomber dans le précipice, dont vous ne lui aviez pas suffisamment fermé les accès ; vos regrets, hélas, se trouveront stériles ! Lorsqu'au tribunal sacré de la Pénitence vous prêterez l'oreille aux aveux d'un pécheur, évitez avec soin d'effrayer, par une imprudetite sévérité (1) , celui qui commence à vous découvrir ses plaies ; quelle que soit l'énormité de son récitj écoutez-le, non-seulement avec patience, mais encore avec indulgence; allez au-devant de la honte, qui rend les aveux difficiles, par l'empressement de votre charité; ne laissez voir aucun étonnement : qu'il paraisse plutôt qu'il vous est arrivé d'entendre des récits, encore plus énormes et plus honteux; et afin que le pénitent ne déses-

afm donc de faire supporter par le pénitent le délai de l'absolution, et de lui faire accomplir ses obligations , vous lui donnerez à méditer, pendant les jours d'intervalle, différents sujets, tirés des exercices de la première semaine.

(1) Lucena. — Il existe un grand nombre de personnes à qui le démon inspire une si forte honte de leurs vices et de leurs péchés, qu'ils ne sauraient en compléter l'aveu, comme le confesseur le jugerait nécessaire : le démon en décourage d'autres, et les remplit de désespoir, afin d'arriver au même résultat. Avec toutes ces personnes, il convient d'employer une extrême douceur , jusqu'à ce qu'elles aient terminé leur confession ; il convient de ne pas les laisser s'effrayer de la justice de Dieu : il faut plutôt leur faire envisager, afin de.les mettre à Taise, les trésors infinis de la divine miséricorde...

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