‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 385 sur 759 · LIVRE V. — LETTRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE V. — LETTRE SIXIÈME

père point du pardon, faites-lui considérer les trésors infinis de la divine miséricorde. S'il arrive qu'il soit en proie à une agitation profonde pour la révélation de certains péchés, faites-lui entendre que ces péchés n'ont pas l'immense culpabilité qu'il leur attribue, et que vous avez le pouvoir, en vertu de la grâce divine , de remédier à des crimes infiniment plus graves: qu'il poursuive sans effroi; qu'il ne craigne de rien découvrir. C'est cette indulgence, pour ainsi dire maternelle, qui réussit à opérer la délivrance des pauvres âmes, dans leur douloureux enfantement à l'esprit de vie, jusqu'au moment où l'abîme de leur conscience a fini d'exhaler tout ce qu'il renfermait en son sein.

Quelques personnes, à cause de la faiblesse de leur âge ou de leur sexe, seront vivement tentées parla honte, afin de ne point déclarer les désordres honteux de la chair, dans lesquels elles se sont plongées. Si vous trouvez de ces pécheurs, prévenez-les avec bonté, rappelez-leur qu'ils ne sont ni les seuls, ni les premiers, qui soient tombés dans cette fange impure ; que vous avez connu des péchés du môme genre, plus énormes, selon toute apparence, que ceux qu'ils craignent d'exprimer... Attribuez la principale part dans leurs fautes, à la violence de la tentation, à l'attrait funeste de l'occasion, à la concupiscence enfin, naturelle à tous les hommes. Croyez-moi, quelquefois il est nécessaire, afin d'affranchir les âmes d'une honte qui leur deviendrait fatale, et de délier la langue de ces pauvres victimes , enchaînées par la malice du démon, de leur découvrir nous-mêmes, d'une manière générale, les propres misères de notre vie passée, si ce remède est nécessaire, afin d'en obtenir la confession indispensable des péchés qu'ils nous cèleraient, pour leur éternel malheur : en effet, à quoi peut se refuser le véritable et ardent amour de Dieu, quand ce sacrifice doit être le gage du salut des âmes, qui ont été rachetées par le sang de Jésus-Christ ? Mais le temps favorable pour ce remède, la mesure et les précautions

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