‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 388 sur 759 · LIVRE V.-~ LETTRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE V.-~ LETTRE SIXIÈME

Si VOUS leur demandez envers qui ils se souviennent d'avoir été injustes, ils nieront dès l'abord, car chez eux l'usage est devenu la loi, et, ce qu'ils voient accomplir aux autres, leur paraît de toute justice : les mœurs corrompues du siècle acquièrent, de la prescription du temps, une autorité toute-puissante. Mais vous n'admettrez point le droit de ces coutumes : aux pécheurs convaincus, vous dénoncerez que, s'ils veulent remédier aux plaies de leurs âmes, ils doivent cesser de posséder les biens qu'ils ont acquis contre la justice et le droit. Vous leur ferez connaître quels sont ces biens , d'après les lumières que vous aura données leur propre confession (1).

Vous apporterez une attention extrême à vous montrer obéissant, et en tous points docile, vis-à-vis du vicaire épiscopal. Dès votre arrivée, vous lui rendrez visite, et, vous agenouillant devant lui, vous lui baiserez humblement la main. Ce ne sera qu'avec son consentement que vous prêcherez, que vous entendrez les confessions, que vous exposerez les vérités de l'enseignement chrétien , et que vous accomplirez les autres ministères de notre Institut : vous ne lui ferez jamais éprouver de contrariété d'aucun genre; jamais vous ne serez en dissentiment avec lui ; et par votre zèle à lui rendre toute espèce de devoirs , vous vous efforcerez de vous l'attacher, d'une amitié sincère , afin , par cette voie d'amour, de l'amener à pratiquer, sous votre direction, la méthode ;des méditations ascétiques; et s'il n'en suit pas la série tout entière, qu'U accomplisse au moins les exercices de la première semaine. Vous vous appliquerez, de même, à vous rendre favorables les autres prêtres, par tous les bons offices d'une charité réelle ; vous éviterez, plus que tout au monde, les occasions d'être en

enveloppe de ce cœur, par des atteintes réitérées, en fasse jaillir de pieux sentiments, et des étincelles d'amour divin.

(1) Tursellin.— Enfin, après que le pénitent aura satisfait à sa conscience, vous l'absoudrez , à l'égard de la peine éternelle ; et vous le renverrez, après lui avoir imposé, selon la règle, une légère peine teaiporelle.

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