‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 396 sur 759 · LIVRE V. — LETTRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE V. — LETTRE SIXIÈME

Considérez encore que ce défaut de discernement , qui fait prescrire des mortifications au delà des facultés et de l'état spirituel des novices, tandis qu'ils sont encore faibles et délicats pour courir dans la voie spirituelle, leur inspire un grand éloignement de leur maître, et leur ôte la conflaoce de lui découvrir leur intérieur et toute leur âme. Or, vous devez faire en sorte, et tout maître chargé de former des novices dans la vie religieuse doit le faire, que ces novices s'empressent de vous révéler, aussitôt qu'elles naissent en leur esprit , les inspirations de la nature dépravée ou du malin esprit, qui tendraient à les détourner du. bien; qu'ils vous en fassent l'aveu plein de sincérité : s'ils n'observent point cette règle , ils ne s'aj0franchiront jamais des pièges qui les entourent, jamais ils n'atteindront à la perfection qui est leur but , et ne dissiperont les obstacles semés dans leur voie; au contraire ces premières semences, ces premiers éléments de mal, qu'ils ont eu le malheur de laisser s'insinuer auprès d'eux, et auxquels ils ont, sans s'en apercevoir, permis de s'alimenter en secret, croîtront pour devenir des agitations de plus en plus douloureuses ; à la fin l'ennui, comme une vapeur, obscurcira dans leur esprit la pensée salutaire de la discipline ; vaincus en leur courage, ils regarderont en arrière, et rejetant

rament d'un malade , ne saurait le supporter. Mais les épreuves doivent toujours être inférieures plutôt que supérieures aux forces. Plusieurs éprouvent de l'amertume, et se désespèrent insensiblement; ils finissent par secouer leur frein, et se précipitent dans des extrémités sans issue* Surtout je pense que l'on doit éviter les épreuves extraordinaires et d'une singularité sans objet, celles surtout qui paraissent aller au delà des convenances et de l'opinion , au point d'oËfenser témérairement et de scandaliser le peuple. Vous vous attacherez à celles qui sont connues et appréciées par le monde, et qui sont d'accord à la fois avec la raison et la piété. Telles sont les œuvres que j'ai indiquées plus haut; les fréquentes visites dans la prison et dans l'hôpital ; un ministère charitable et persévérant auprès des prisonniers et des malades^, dans leur personne spirituelle et dans leur être humain ; en même temps , comme un enseignement "^e la pauvreté volontaire, l'acte de mendier publiquement du pain et de faibles aumônes ; enfin les épreuves de même nature, qui sont pfbpres surtout à instruire .les novices et à les faire avancer dans la vertu.

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