LIVRE V. — LETTRE HUITIÈME
connaître à fond les causes de l'Incarnation du Fils de Dieu dans le sein delà Vierge Marie, et tout le dessein de la Rédemption du genre humain, accomplie par la mort volontaire du Seigneur Jésus.
Souvent je leur ai demandé quels étaient, parmi tous les Sacrements de la Loi Chrétienne, ceux qui leur paraissaient les plus salutaires. Ils nous ont constamment répondu qu'ils donnaient la prééminence, en raison de leur utilité si universelle, et qui s'étendait à toutes les conditions, comme à tous les temps de l'existence, aux deux vénérables mystères de la Pénitence sacramentelle et de la réception du Corps de Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie : ajoutant qu'ils reconnaissaient une si merveilleuse harmonie entre tous les dogmes de la religion chrétienne et le corps entier de ses institutions, qu'ils croiraient dépourvu de sens celui qui, les ayant connus, refuserait de les professer»; ■- ■-.■.■♦;■ . - ,■-
L'un d'entre eux se nomme Paul de Sainte-Foi : je l' entendis un jour gémir profondément, et s'écrier avec amertume : Oh! Japonais, que vous êtes infortunés, de faire vos divinités de ce que Dieu créa pour l'usage de l'homme! Qu'entendez-vous, lui dis-je, par ces paroles? Vous me le demandez? répondit-il ; mais ne sont-ce pas des aveugles ceux qui mettent au rang des divinités le soleil et la lune , qui sont les serviteurs des chrétiens ? Ces grands luminaires du monde ont-ils un autre usage que de marquer les espaces du jour et de la nuit, afin que les êtres humains, se sentant élevés au-dessus d^ eux-mêmes à la vue de splendeurs aussi merveilleuses, confessent en l'adorant le Dieu tout-puissant, auteur de la lumière, et son Fils Jésus-Christ ?
Le 31 mai 1549 nous sommes arrivés à Malacca. En descendant du navire, j'ai reçu des lettres de marchands portugais, établis au Japon , qui m'apprenaient qu'un prince de ce pays voulait se faire chrétien , et qu'U avait envoyé des députés au vice-roi des Indes , avec la mission de lui