LIVRE V. — LETTRE HUITIÈME
et s'efforce de nous arrêter, nous bravons ses vaines menaces, et déjà nous sommes au moment de mettre à la voile. Nous avons rassemblé tous les objets nécessaires pour la célébration du Sacrifice non sanglant; et quand nous offrirons, pour la première fois, dans ce nouvel empire, la Victime sacrée , nous prendrons possession de cette terre et de ses habitants , au nom de notre roi Jésus-Christ. Si les premiers succès répondent à nos espérances, l'année prochaine, avec la grâce de Dieu, nos lettres vous en apprendront les heureuses nouvelles.
A notre arrivée au Japon, nous avons résolu d'aller directement trouver le souverain de cet empire, et de lui déclarer avec confiance les ordres que nous avons reçus de J.-C, le Roi des rois. Nous nous avançons, remph s d'espérance et de confiance en Dieu, dans l'assurance que sous sa conduite nous triompherons de ses ennemis.
On dit qu'à la cour de ce prince se trouve toujours un grand nombre de docteurs, pleins de confiance dans leur génie, dans leur savoir et dans leur éloquence. Nous ne craignons point d'engager le combat avec toute leur science. Quelle est en effet la science de ceux qui ignorent Jésus- Christ? Et nous , qui n'avons en vue et qui ne cherchons que la gloire de Dieu et la manifestation de J.-C. pour le salut des âmes, quels maux et quels dangers peuvent nous inspirer de véritables craintes?
Si nous sommes nus et sans défense, au miUeu non-seulement de ces peuples barbares, mais des armées conjurées de l'enfer, Dieu, s'il le veut, peut d'un signe de sa volonté, nous préserver de toute atteinte et nous donner la victoire; et, s'il lui plaît qu'il en soit différemment, rien dans sa volonté ne nous est amer fi^
(1) Lettre adressée à Rome : — Quelle science, en effet, possède celui qui ignore Dieu et son Fils Jésus-Christ ? Que peut vouloir éviter ou que doit craindre celui qui ne considère autre chose que la grâce divine, la prédication de l'Évangile et le salut des âmes ? Que si nous vivons au milieu des nations barbares, et dans le domaine des démons, ni la fureur des barbares, nilesdé-