‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 423 sur 759 · LIVRE V. — LETTRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE V. — LETTRE HUITIÈME

Dans cette guerre, celui qui tombe est vainqueur, si son corps seul, sans son âme, succombe : la seule plaie redou-f table à l'âme est celle que le consentement fait devenir un péché (1). Mais, ainsi qu'il est vrai que Dieu Notre-Seigneur nous donne à tous la grâce suffisante pour le servir et pour fuir le péché, nous espérons, de sa miséricorde, qu'elle ne nous refusera pas ce secours. Tout repose eu un point : si nous userons dignement, ou si nous abuserons des bienfaits divins. Or nous avons placé notre principale espérance dans les prières de la sainte Église notre mère, épouse de J.-C. N. -S., et spécialement dans les mérites de tous les membres de la Compagnie de Jésus, de toutes les personnes des deux sexes qui servent Dieu sous leur direction et avec leurs conseils (2) ; et grâce à cette union tutélaire et à ces fervents suffrages devant le Seigneur, nous espérons coopérer dignement, et par un fidèle usage, à la grâce de Dieu Notre-Seigneur, grâce qui nous sera donnée à l'heure de sa Providence (3).

Notre principale consolation est de savoir que Dieu, sou-

mons conjurés ne sauraient nous nuire, que par la permission souveraine de Dieu tout-puissant.

(1) Lettre à Rome : — Nous ne craignons qu'une chose au monde, qu| est d'offenser Dieu lui-même : et si nous évitons de l'offenser, nous sommes assurés de la victoire, par la protection de sa grâce.

(2) Lettre à Rome ; — Et les prières de ses amis spirituels. ^ -

(3) L'éditeur de Bologne, le P. Roch Menchiaca, cite ici le texte original, en témoignage de l'opinion du Saint touchant la grâce suffisante , et pour répondre d'avance aux interprétations équivoques que les Jansénistes auraient pu donner de la traduction latine : qpoique l'hérésie j^qséi^stç n'exi^tQ plus, à vrai dire, qu'à l'état historique, nous croyons utile de produire dans son expression originale la doctrine de notre Saint, antérieure à l'hérésie, et confirmée plus tard par les jugements de l'Église :

« E pois a todos Deos Nosso Senhor dâ graça sufflciente para o serviriem, « e gardaremse de peccar, esperamos em sua divina magestade q^ie nola « dard, e porque todo nosso bem ou mal esta em usar hem ou mal de sua « graça, confiamos muito em os merecimentos da Santa Madré Igreja esposa « de Christo Nosso Senhor, e em spécial em os merecimentos de todos os « da Companhia de Jésus, e de todos sens devotos , que nos abranjeriio « tanto seus merecimentos, que viremos a usar bem da graça do Senhor « Deos. »

He.

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