‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 424 sur 759 · LIVRE V. — LETTRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE V. — LETTRE HUITIÈME

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verain Juge des pensées intimes du cœur humain, connaît parfaitement nos désirs et nos sentiments, les intentions et le zèle qui nous attirent'vers cette expédition japonaise. En vérité , nous avons la conscience de ne rien désirer, de ne rien ambitionner, si ce n'est d'attirer à la connaissance de leur Créateur les âmes humaines faites à son image ; nous voulons que le suprême Auteur de l'univers soit loué comme il en est digne, par les créatures qu'il a formées à sa ressemblance; enfin, nous voulons étendre les limites de notre sainte mère l'Église, épouse de J.-C, et dUater son souverain domaine. Nous allons en avant, pleins d'ardeur et de confiance, et nous possédons comme un gage du succès, dans cette espérance, quientrevoit la palme de l'entreprise, et qui la saisit déjà. Oui, nous n'en doutons pas, ce voyage du Japon sera couronné d'un glorieux succès.

De son côté, le démon nous oppose toutes ses menaces et le formidable appareil de ses guerres. Nous démêlons les signes de sa fureur; nous l'entendons qui sonne le combat, afin de rompre notre dessein et de nous obliger à la retraite. Mais deux raisons m'encouragent : l'une est, ainsi que je l'ai dit, la persuasion où je suis que Dieu connaît à fond la pureté de mes intentions touchant ce voyage; l'autre est la science infaillible qui nous est donnée, du souverain et absolu domaine de la divine Providence sur tous les êtres de la création. Aucun d'eux ne saurait se mouvoir et agir sans la permission divine; l'empire de cette loi s'étend sur les démons eux-mêmes ; et si grand qu'en soit leur désir, ils ne peuvent nuire à personne, si la faculté de le faire souffrir ne leur est concédée par Dieu, ainsi que nous l'enseignent les récits de la vie de Job ; car, selon le témoignage des Saintes-Écritures, Satan, son formidable ennemi, ne put, sans un signe d'acquiescement de la part de Dieu, l'offenser par la plus légère atteinte (1).

(1 ) Lettre à Rome : — Deux raisons surtout nous font présumer de la victoire sur les oppositions du démon, la conscience d'une généreuse en-

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