LIVRE V. — LETTRE HUITIÈME
dans leurs mains tous les secours nécessaires à l'existepce et aux usages de la vie, et ceux qui agissent de laême dans le délaissement, et dans la pénurie extrême de toutes les nécessités de la vie, où- ils se sont placés VQlontai^ rement et pour imiter l!ex^n^le de Jésus-Chri§t piœ une conséquence naturelle, une distance inâàie sépare ceux qui placent leur foi, leur espérance et leur confiance èû Dieu, en dehors des périls de mort, et ceux qui se confient en Dieu et qui espèrent en lui, en m^me temps que d'euxmêmes et de leur pleine volonté, dans la vue de lui plaire, ils s'exposent à des dangers évidents de mort, lorsqu'ils auraient le pouvoir et l'absolue liberté d'éviter ces dangers ou de les fuir (1). Je «an sidère donc que ceux qui, pour l'amour de Dieu seul, ont choisi de vivre dans des périls continuels de mort, néghgeront bientôt toute autre vue et top.t autre intérêt, et trouveront l'existence amère; ils aspireront à mourir pour être transférés dans une vie meilleure et régner éternellement avec Dieu dans le ciel. Ge quet nous appelons vie, n'est-ce pas une mort continuelle, un exil de la gloire céleste pour laquelle nous avons été créés, et pour laquelle nous sommes venus au monde ? j^. ^
Les Japonais qui m'accompagnent m'ont déjà prévenu que les bonzes (ce sont au Japon les ministres de 4a religion) seront scandalisés s'ils nous voient manger du poisson ou de la chair. Mais nous sommes parfaitement ré-' solus à souffrir une continuelle ab|tinence, plutôt que de scandaliser personne. Nos Japonais nous ont appris aussi qu'il existe au Japon un nombre-inlini de ces bonzes , qui ont une apparence de vie religieuse et une discipline très^, austère : ils exercent une influçnce extrême sur toutes les#|^ classes de la société. Je vous donne ici ces informations^ afin que yous compreniez coiftbien nous avç^ besoin de
(1) l^eltre à Rome : — Ainsi, ceux qui mettent leur espérance en Dieu, sans péril de la vie, sont très-éloignés de ceux qui, confiants dans la protection d'en haut, exposent leur existence pour î'anabur de là gloire divine, lorsqu'ils pourraient, s'ils le voulaieati éviter j(^p! extrémité. ,,.