LIVRE V.^IETTRE DIXIÈME
si elle est abandonnée? A-t-on désigné déjà le Patriarche qui doit s'y rendre? Doit-il incessamment faire voile pour sa mission? Quels sont les desseins, quelles sont les œu-^ lires de notre frère Simon? Quelles entreprises accomplis^ sent dans les Indes les vénérables Pères des Ordres de "Saint-François et de Saint-Dominique? Quels fruits recueil-! lent-ils dansi le ministère de la culture des âmes ? |.eur e&U il arrivé d'Europe des renforts d'ouvriers de leurs Ordres, surtout en prédicateurs ? . ■
Je désire également que vous m'instruisiez d'une ma^ nière spéciale de la santé et de la prospérité dont jouit notre excellent ami Cosme Anes. Quelles bénédictions nouvelles Dieu Notre-Seigneur a-t-il daigné répandre sur sa famille et sur toute sa maison? Ajoutez aussi ce qui vous regarde vous-même, ce me sera l'occasion d'une joie très-vive; les nouvelles de votre santé, de vos progrès dans les voies spirituelles, de votre ardent désir d'accomplir de grandes œuvres, d'endurer des épreuves excessives pour la gloire de, J.-G. Je le sais déjà, vous n'hésiterez pas à accomplir mes désirs, de vous-même et avec amour ; vous vous y porterez pour ma consolation, et à cause de votre charité ; cependant j'ajoute à ces motifs, et afin de ne point vous priver du mérite infini de l'obéissance, un commandement absolu de ma part.
Enfin et pour terminer, je vous avertis de vous tenir disposé et tout prêt à partir , si je vous donne le signal de venir : je dois vous appeler plus tôt, sans doute, que vous ne supposez.
C'est à vous de nouveau. Père Antonio Gomez, que je m'adresse ici, vous conjurant avec instances , si nos Pères de
pourprincipaux coopérateurs, les PP. André Oviédo et Melchior Carneiro. Le P. Barzée devait avoir l'inspection sur l'Ethiopie, avec le titre de commissaire apostolique. Mais à cette époque le P. Barzée était déjà mort , et le P. Barretto mourut lui-même à Goa, avant d'avoir pris possession de son patriarcat. Néanmoins, sous les successeurs du P. Barretto, la mission d'Ethiopie devint florissante et e^tjyigloire de présenter à Dieu de nombreux martyrs.
LIVIffi V. — LETTRE DIXIÈME.
Comorin vous adressent quelques demandes ou quelques plaintes, ou celles des chrétiens dont ils ont la charge, et qui ont souvent à gémir de l'oppression, des violences et des injustices du gouverneur : quittez tout pour les assister et les soulager dans leurs maux; employez à cet effet les bons offices de Ruiz Gonçalez, qui se trouve constitué comme le défenseur et le père de ces infortunés , et à qui son crédit auprès du gouverneur donne tous les moyens de les protéger utilement, ainsi qu'il en a déjà la volonté parfaite.
11 me reste à solliciter, en vue des infinis périls de cette expédition japonaise, si difficile, si longue, si laborieuse, les prières de vous tous, afin de confirmer notre faiblesse.
Je vous conjure tous ensemble, vous qui habitez ce collège de Goa, de vouloir bien, dans vos*prières et dans vos sacrifices de chaque jour, implorer l'assistance divine en faveur de Cosme de Torrez, de Joam Fernandez, (1) du Japonais Paul et de ses deux compagnons , du Chinois Manoël (2) et d'Amator, enfin de moi-même.
Nous avons reçu des nouvelles du Japon, qui nous ont inspiré les plus grandes espérances d'y recueillir de mer-
(1) Le F. Joam Fernandez était un riche marchand de Cordoue, en Andalousie, qui fut touché et converti par les fervents exercices qui se pratiquaient dans la maison de la Compagnie à Lisbonne. Le P. Simon Rodriguez le reçut, après l'avoir éprouvé d'une manière humiliante et très-sensible.
Notre Saint en faisait tant d'estime, qu'il disait de lui au P. Barzée : Il faut aller bien loin pour atteindre à la perfection du F. Joam Fernandez.
Au Japon, où le P. Xavier l'avait emmené , il convertit un seigneur japonais par un acte héroiqqe de patience chrétienne.
Quoique sans études, il s'était rendu si savant sur les mystères de la religion et il prêchait avec tant d'éloquence et d'efficacité, que non-seulement les bonzes japonais, mais les théologiens de la Compagnie, se sentaient pénétrés d'admiration à ses discours.
Le F. Joam Fernandez composa différents ouvrages en langue japonaise, et notamment une grammaire et un dictionnaire portugais-japonais. ; -
Il mourut saintement à Firando, en 1567.
(2) C'était un serviteur du Saint ; dans la lettre P* du VP livre, nous verrons le récit d'un accident grave auquel il échappa par la miséricorde de Dieu.
Amator était, selon toute apparence, un autre serviteur. - '
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