LIVRE V. — LETTRE ONZIÈME
veilleux fruits de notre voyage. On nous y fait entrevoir les moissons déjà mûres de toutes parts et prêtes à recueillir ; la nation est désabusée de ses superstitions antiques; la plupart désirent entendre annoncer la loi de J.-C, dont la renommée s'est répandue parmi eux, et dont ils ont entendu de merveilleux éloges.
Nous avons vu des lettres de Portugais qui font le commerce dans le royaume de Siam (1) : ils ont entendu dire à Siam par des Japonais que leurs compatriotes dési^ raient la venue dans leur pays de prêtres européens, pour leur communiquer les vérités divines. .
Nous nous empressons d'aller au-devant de ces magnifiques espérances; nos âmes en tressaillent, notre confiance nous est comme un infaillible augure, et nous nous promettons les succès les plus merveilleux. Plaise àDieu seulement que les dons et les secours célestes , — sans leur plénitude tout effort est vain pour la conversion des infidèles, — ne nous soient pas déniés à cause de nos péchés, et que nous ne soyons pas privés de leur féconde affluence ! Adieu.
Malacca , le soir de la fête du Corps de N.-S. en l'année 15^9.
Celui qui est, du fond de l'âme, votre frère en J.-C.
François.
Au P. Joam de Beira.
Que la grâce, etc.
Les Pères qui se rendent auprès de vous vous donneront des nouvelles très-étendues touchant nos Frères, qui sont dispersés dans les différentes contrées des Indes, et qui,
(1) Les Portugais, dès l'an 161 1, furent en relation avec Siam et y fondèrent un comptoir. 11 existe encore à Siam une petite colonie portugaise, issue de ce premier établissement.