LETTRE ONZIÈME
par la grâce de Dieu, dans toutes ces résidences, ne travaillent pas inutilement à propager le règne de Jésus- Christ ; ils vous parleront de nos Frères qui sont employés dans le Portugal ; ils vous diront les fruits recueillis par tous. Cette assurance me dispense de la peine, qui n'est pas indifférente, de vous écrire longuement; nos Confrères, amplement informés de toutes ces affaires, vous en îiïstruiront plus à l'aise et plus complètement, de vive voix et dans la conversation familière. Ï^K -
Je vous parlerai de moi seul : j'ai mûri le desseiô ; — et j'y suis pleinement résolu, — de me rendre par mer au Japon. En effet, les autorités les plus dignes de foi m'ont convaincu que ses habitants étaient merveilleusement disposés pour accueillir la" prédication évangélique, et qu'ils offraient à la doctrine sainte toute espérance de succès.
Nous partons au nombre de six, trois Européens et trois Japonais; ces derniers sont des hommes d'une probité rare et de parfaits chrétiens. Ils ont été initiés à Goa dans la religion de J.-C, et ils ont appris, dans le collège de Sainte-Foi, à lire nos caractères et à les tracer avec la plume. Chacun d'eux a consacré un mois tout entier aux méditations ascétiques, avec un fruit spirituel inflni, et tous les jours ils ajoutent à la somme de leurs progrès. .Tous les trois éprouvent un extrême désir de retourner dans leur pays, afin de faire partager à leurs parents et à leurs amis le trésor qu'ils ont découvert, afin d'arracher leurs concitoyens à leurs vaines superstitions, et de les gagner à Jésus-Christ, qui seul est la lumière et le salut du monde.
Plusieurs princes de cet empire ont, dit-on, la pensée d'envoyer des ambassadeurs au roi de Portugal, pour lui demander des prêtres chargés d'annoncer aux peuples indigènes la religion de Jésus-Christ.
Nous nous dirigeons vers ces pays, animés de la confiance que notre voyage produira de grands fruits et que la toute -puissance de Dieu Notre-Seigneur secondera, Ji. 8
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•LETTRE ONZIL'ME.
dans sa clémence, nos cil^ et misérables efforts. Aprèa^, que j'aurai, pai"! moi-même, vérifié les espérances qui pourront s'offrir; et si, lorsque j'aurai mis le pied sur ces îles, les dernières du monde, je reconnais avec évidence que l'on peut justement se promettre des fruits ^ aboadants de nos ministères, je vous y appellerai, et jeï"f vous ferai venir afin: de mettre la main à la moisson qui m'aura paru la plus abondante : préparez donc vos âmes, excitez vos courages, et que rien ne vous empêche d'c^béir, sans hésiter un instant , à la réception de mes lettres qui vous appelleront au Japon.
Le P. Alphonse se rend auprès de vous ; il fera sa résidence dans la citadelle des Moluques (1) ; il y prêchera pour les Portugais et leurs esclaves des deux sexes , ainsi que pour les chrétiens indigènes de condition libre ; il expliquera chaque jour la doctrine chrétienne, ainsi que j'avais coutume de le faire, lorsque j'étais en cette place; et, une fois la semaine, il réunira les femmes des Portugais, pour leur exposer les articles du Symbole et les préceptes du Décalogue; en même temps, il leur donnera la méthode pour s'approcher avec fruit des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. ,
Repassant dans mon souvenir les faits dont j'avais moi-même été le témoin, j'ai cru qu'il était avantageux que* le P Alphonse fit un séjour d'une année au moins dans la place de Ternate ; et pendant un plus long temps , si votre expérience présente vous le faisait juger nécessaire ; car son habileté et son zèle lui feront trouver en lui-même, après l'entier accomplissement des ministères qui regardent le salut des âmes, assez de loisir, assez de ressources, et il recevra la grâce suffisante, pour faire avec succès toutes les affaires qui vous sont personnelles, et celles des chrétiens que vous dirigez dans les différentes résidences de ces îles et de ce port. Il saura vous procurer, en temps opportun, tout ce qui vous est nécessaire, et, toutes les
(1) Ternate.