‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 460 sur 759 · LIVRE V. —LETTRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE V. —LETTRE QUATORZIÈME

point trouvé mon auditeur insensible : au con|ra.ire, il a paru touché de mes paroles, des éloges sincères que je lui faisais de la personne et de ses qualités; enfin, il a promis de la choisir pour épouse , et je ne doute point qu'il ne tienne fidèlement sa promesse ; car je connais la solidité de sa parole, et l'amitié sincère qu'il me conserve, et dont toujours il s'est montré jaloux. En la circonstance présente, il a parfaitement compris que cette alliance lui donnerait un état à la fois avantageux et honorable, et garantirait le repos et la consolation de son existence future. Je n'ai point hésité à communiquer par lettre toute cette affaire à notre bonne mère, et à la lui présenter comme assurée, si elle-même y consentait : je ne doute point qu'elle n'accepte et qu'elle n'estime un grand bonheur pour elle cette alliance considérable avec un homme à la fois recommandable et riche.

Mais encore qu'il vous doive paraître que cette affaire est très-avancée; comme, entre les desseins et leur réalisation, se présentent souvent mille obstacles, je présume naturellement que le terme de celui-ci n'est point arrivé, si vous n'y concourez de tout votre zèle. Ainsi, je vous prie et je vous conjure l'un et l'autre d'avoir toujours en l'esprit le zèle sans réserve et si constant envers nous, la libéralité de chaque jour, la profonde charité de notre mère, et de vous bien pénétrer de cette pensée, que c'est une occasion précieuse qui vous est offerte par la divine Providence, de payer des bienfaits infinis par un retour et un gage unique de notre reconnaissance, que la circonstance présente rend d'un prix très-considérable pour notre mère. Efforcez-vous par vous-mêmes, et au besoin sollicitez et faites concourir au même but la protection et les soins du trésorier de S. M. , et ne permettez pas qu'une famille affligée perde roccasion d'une si favorable fortune. Mettez, dis-je, tout en œuvre, afin que les voies préparées par la divine Providence dans un double intérêt, afin de remédier à l'isolement d'une veuve pleine de mérite et à l'exis-

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