LIVRE V.-- LETTRE QUATORZIÈME
tence, privëe de protection, d'une vertueuse et innocente ^orpheline, rie demeurent pas stériles. ""<*
Pour amener Christophe Garvalho au but que nous 'désirons, je ne pense point que beaucoup d'efforts vous soient nécessaires. Je connais sa droiture et sa consistance dans ses paroles, et je n'ai point la crainte qu'il rétracte ses engagements ou qu'il refuse d'accomplir ce qu'il m'a promis. Quant à faire entrer dans vos vues le trésorier du roi, vous devez seulement lui exposer, et vous le pouvez en toute vérité, que cette affaire est de celles où il peut dignement user de son influence, attendu qu'elle concerne au plus haut degré la gloire et le service de Dieu Notre-Seigneur; d'une autre part, elle touche essentiellement à l'état, à l'existence, à tous les intérêts du repos et de l'avenir d'une famille placée sous sa protection, d'une respectable dame qui lui est alliée par le sang, d'une jeune orpheline pleine de mérite, et qui en attend secours et assistance. J'ai la confiance que, dans sa miséricorde, Dieu Notre-Seigneur saura vous inspirer dans cette occasion, et fera que tous vos discours à ce respectable et- sage ami le persuaderont entièrement et l'amèneront à nos vues.
Vous n'ignorez point aussi que notre mère possède entre ses mains un diplôme royal, délivré dans les formes, et qui l'autorise à transmettre, avec tous les émoluments qui y sont attachés, la fonction publique ou l'office, selon l'expression reçue, qu'exerçait Diogo Froez, son mari, — de qui l'âme jouisse de la gloire divine, — à celui qu'elle choisira pour époux de sa fille, et à constituer cet office comme un avantage dotal : vous devrez obtenir du trésorier de S. M. qu'il permette de faire passer l'office à un étranger, moyennant en retour une somme de finance, qui fera partie de la dot de la jeune personne. Et voici la raison qui le rend nécessaire : Christophe Garvalho occupe un rang dans le monde et possède une fortune qui lui feraient envisager comme au-dessous de sa condition de se charger d'un semblable office ; mais il est surtout, comme