LIVRE V. — LETTRE QUATORZIÈME
je vous l'cii dit, lasse des affairas et des soucis du monde, et désire trouver dans le mariage un repos absolu et l'entier affranchissement de ses anciennes fatigues. J'ai craint qu'il ne s'élevât en cette occasion quelque difficulté; sans doute il ne manquera pas de gens qui prétendront que l'on doit s'astreindre aux paroles formelles et à la lettre du
}; diplôme, sans en interpréter l'intention et le sens équitable, et qui, par ces discours de mauvaise foi, s'efforceront
^;c de ruiner les effets qu'aurait eus la grâce de sa majesté, et de dépouiller une jeune orpheline et sa mère de ce qui est leur bien légitime. S'il se présentait des oppositions de ce genre, agissez, je vous en prie, avec tout votre zèle, luttez ; vivement; combattez avec persévérance par vous-mêmes et par l'entreinise du trésorier royal; et si vous jugiez utile d'employer le concours ou la protection de quelque autre personne, employez-les, afin de .'déterminer le gouverneur et les autres officiers de S. M. , de qui l'affaSre peut dépendre, à daigner interpréter les intentions du roi dans un sens favorable. Qui ne voit, en effet, que sa majesté n'avait en vue que de faire profiter la fille de Froez de la juste récompense accordée à son père ; que S. M. n'a point voulu, s'il arrivait qu'on lui donnât pour époux un
^ homme qui ne pourrait administrer la charge paternelle ,
^ que cette orpheline pauvre sévît dans la nécessité de perdre le principal de son patrimoine ? Vous obtiendrez , je l'espère, avec le secours de Dieu, qui est le défenseur des veuves et le père des orphelins, une décision équitable : eit je désire vous . voir entreprendre cette affaire, et vous la Voir suivre avec un zèle extrême; car à mes yeux ce serait un crime, ce serait une odieuse ingratitude, dont la tache rejaillirait sur la Compagnie tout entière, si vous pouviez ne pas apporter en cette œuvre, qui intéresse notre mère, toute' votre industrie et votre diligence ; jusqu'à ce qu'enfin vous soyez parvenus à rompre tous les obstacles, et 4 faire réaliser- ce, mariage approuvé de Dieu, et qui doit assvirer rexistence et la considération^ d'une respectable dame qui nous a