‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 473 sur 759 · LIVRE VI. —LETTRE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LIVRE VI. —LETTRE PREMIÈRE

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prière, multipliait les supplices et les souffrances du démon, la haine et les efforts de notre ennemi se déchaîneraient plus encore contre moi : déjà même cet adversaire me faisait entrevoir avec mille menaces que le temps allait venir où il vengerait sur moi ses injures.

Mais ainsi qu'il est vrai qu'il ne peut nuire à personne, si Dieu ne le permet, on doit plus redouter dans le combat de manquer de confiance en Dieu que d'encourir toutes les attaques de l'ennemi. En effet, Dieu permet à notre ennemi d'agiter et de faire souffrir ceux qui se laissent affaiblir parla timidité, qui n'affermissent point leur vertu dans son secours et qui ne mettent point en lui leur unique espérance. Ce redoutable fléau, je parle de la timidité, fait que plusieurs de ceux qui ont commencé de servir Dieu, passent leur vie dans la tristesse et dans l'inquiétude; en effet, ils ne savent pas marcher avec énergie et avec constance sous le joug délicieux de la croix de J.-C. Tel est le mal immense, le mal mortel de la timidité, si vous étant appuyé sur vos propres forces, quand des forces plus puissantes vous étaient nécessaires , c'est-à-dire le secours de Dieu même, vous perdez courage au milieu des épreuves, et ne savez point recourir à l'assistance divine qui vous soutient seule et qui vous garantit le succès. Les audacieux que leur confiance en eux-mêmes conduit à présumer de leurs forces, et qui méprisent les légers combats dans lesquels même ils ne se sont jamais exercés, ces audacieux, aux jours des grands périls et des violentes afflictions, sont plus faibles encore que les timides. Si leurs entreprises n'ont pas réussi selon leurs désirs, dans les moindres choses comme dans les plus considérables, leur esprit se resserre et s'abat. Ils vont au combat avec un regret, avec une timidité si extraordinaires, que leur salut, ou tout au moins leur repos en est gravement compromis : pour n'avoir point eu la conscience de leur infirmité, et pour avoir considéré la croix de J.-C. comme un fardeau trop pesant, leur vie entière s'écoule dans l'affliction et dans l'amertume.

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