‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 484 sur 759 · LIVRE VI. — LETTRE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LETTRE PREMIÈRE

soi-même en sera tempérée et adoucie. Mon Dieu, que les hommes sont ignorants des incomparables délices auxquelles ils renoncent lorsqu'ils combattent faiblement leur ennemi, privant ainsi leurs pauvres âmes de la connaissance des bontés divines et des consolations accordées à cette vie de douleurs; si l'on considère surtout que cette existence privée des grâces divines n'est qu'une mort continuelle, au lieu d'être la vie. ^^#;. -

Je crains que le démon ne tente quelqu'un d'entre vous, en faisant paraître à ses yeux, comme des fantômes, certaines épreuves de la vie que vous avez entreprise. Que iie ferait-il pas s'il vous trouvait sur un terrain plus favorable à ses attaques? Ses secrets conseils ont pour but de vous rendre inquiets et malheureux, sans profit spirituel pour vous-mêmes, et sans utilité pour les autres. Il vous murmure en secret : Que faites-vous? ne voyez-vous pas qu'avec tous vos efforts vous perdez votre temps et vos peines? Or ces pensées sont la tentation ordinaire de ceux qui se sont dévoués au service de Dieu. Résistez avec énergie, avec constance, je vous en conjure au nom de mon amour pom'vous. En effet, ce venin est si pernicieux à la piété et à la perfection de la vertu, que non-seulement il nous trouble au milieu de la carrière, mais il remplit nos âmes d'une amertume et d'uneangoisse qui les accompagnentpartout. Que chacun d'entre vous , en quelque situation qu'il se trouve placé, se rende premièrement utile à lui-même et ensuite aux autres ; et qu'il demeure convaincu que nulle part il ne servira Dieu d'une manière plus agréable que dans la place où il a été mis par ses supérieurs. Ayez cette assurance que Dieu, lorsque le temps en sera venu, saura bien inspirer à vos supérieurs la pensée de vous envoyer où vos travaux seront le plus féconds. Ainsi vous accomplirez avec joie et avec amour d'immenses progrès dans la vertu ; votre temps sera bien employé, ce temps si précieux, et dont tant de personnes ignorent la valeur : — quel ne sera pas le compte rigoureux que nous devrons à Dieu de nos

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