‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 492 sur 759 · LIVRE VI. — LETTRE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LETTRE PREMIÈRE

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que notre nature, qui paraît insatiable ailleurs, peut se suffire à peu de frais. Ici nos corps sont dans l'état le pluç prospère , plût à Dieu que la santé de nos âmes fût aussj parfaite !

Je me sens obligé de vous faire part d'une autre pensée : Dieu semble nous faire entrevoir une grâce immense, et pour l'obtenir, vos prières et vos Saints-Sacrifices peuvent nous seconder efficacement. Il existe un grand nombre de bonzes japonais, que le peuple respecte singulièrement, malgré leur vie criminelle qui n'est un mystère pour personne. La cause des honneurs rendus à ces bonzes est la rare abstinence qu'ils observent en apparence; car, d'après leurs règles, ils doivent se priver de chair, de poisson et de vin; ne vivre que de légumes, de fruits et de riz, et prendre seulement un repas chaque jour. Ces bonzes, ainsi que je vous l'ai dit, sont en grand nombre, et leurs couvents ont des revenus médiocres. Mais en raison de cette extrême frugalité, et aussi parce que ceux qui portent un habit pareil à celui de nos clercs doivent, sous peine de mort, s'interdire tout commerce avec les femmes, et que les bonzes récitent avec art certaines histoires ou plutôt certaines fables de leur religion , ils sont en grande vénération parmi le peuple.

Mais comme la vérité chrétienne est l'ennemie déclarée de leurs préjugés et de leurs erreurs (1) , il est à craindre qu'aussitôt que nous aurons entrepris de leur annoncer l'Évangile, et de découvrir leurs mensonges, ces esprits irrités ne se tournent violemment contre nous. Nous n'avons qu'une seule pensée, qui est d'attirer les Japonais à la connaissance du Seigneur Jésus-Christ et de notre sainte Foi, et nous espérons y parvenir, avec le secours de notre divin Maître. Le peuple entier ne nous inspire aucune appréhension, si les bonzes ne le soulèvent pas contre nous.

(1) Lettre à Coïmbre. — Mais la doctrine chrétienne que nous professons, étant diamétralement contraire à leur constitution et à leurs règles...

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