LIVRE VI. — LETTRE PREMIÈRE
n'éprouvons en nous-mêmes une rénovation entière de nos mœurs et de notre existence. Nous réclamons à cet effet le concours des prières de tous les membres de notre Compagnie et de ses amis spirituels, afin d'être mis en état de faire partie de l'Église universelle, épouse de Notre-Seigneur Jésus-Christ; etnous-avons la confiance que l'Église nous fera partager ses innombrables mérites et sera notre protectrice auprès de son divin Époux , Jésus-Christ notre Père, et de la très-sainte Mère de Jésus-Christ. Jésus et sa Mère présenteront toutes ces prières à notre Père Éternel, la source et l'auteur de tous biens, afin de nous obtenir la grâce de persévérer dans notre ministère , de voir nos erreurs ensevelies sous l'immensité des divines miséricordes, et nos âmes toujours inondées des grâces les plus pures. C'est pour son seul amour que nous sommes venus dans ces contrées, j'en atteste son regard qui lit dans nos pensées et dans nos cœurs, et pour racheter les autres hommes de la servitude invétérée du démon. L'ennemi des hommes veut se faire adorer à la place de Dieu sur la terre, n'ayant pu l'être dans le ciel; et déchaîné dans le monde, il fait éclater ses fureurs sur tous les hommes en général, et en particulier sur nos infortunés Japonais. : %
Mais nous devons à présent vous parler de notre séjour ■ à Cangoxima. Nous y sommes descendus, parce que le vent était déjà contraire pour nous rendre à Méaco (1), la ville la plus considérable du Japon , rendue célèbre par les palais du souverain et des principaux seigneurs. On dit qu'après cinq mois reviendra le temps favorable pour le. voyage de Méaco : alors, si Dieu le permet, nous mettrons à la voUe. Méaco est éloignée de 300 lieues de Cangoxima ; on nous a raconté des merveilles de la grandeur de cette ville. On dit qu'elle renferme plus de 190,000 maisons, et qu'il s'y trouve une très-fameuse académie et quinze principaux collèges pour la jeunesse, ainsi que plus de vingt monas-
(1) Méaco, métropole du Japon (vers le 35° lat. N.).