‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 5 sur 759 · CHAPITRE PREMIER (150^-1^41). XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER (150^-1^41). XV

ti^^t non-sçulement de Dieu et de ses An^, mais des hommes eu^-mêmes, que la cjiarité toujours vivante et pleine d'ardeur de ce nouvel Apôtre. En vain, il évitait les regards des hommes, afin de n'être connuqpe de notre Dieu, qui pénètre au sectfet des cœurs ; mais les hommes le voyaient^pratiquer les ministères les plus humbles, iMilayer les salles, faire les lits des malade, laver, ensevelir et enterrer les morts. Ses jours et ses nuits se passaient a% ^ chevet des mourants, et sâinerveilleuse éloquence, en peu de pa- ' rôles, car à peine «icore il connaissait la langue italienne, consolait^ la tristesse de tous, rendait aux désespérés l'iespéraBfce du ciel, et secourait, dans leur dernier passage, ceux dont la vie touchait à , son terme. Présent aux douleurs de tous, il essuyait tout^ les larmésr et dirigeait les esprits vers le Sauveur Jésus, l'auteur et le consommateur de notre foi, le père de notre consolation. Anssi, nul ne mourait sans le P. François, nul ne quittait ce monde sans s'être réconcilié par son ministère. ?

Entre les prodiges de la charité du Père, tous les écrivains , nous racontent une œuvre de jèrfection bien touchante, et telle que les Saints peuvent seuls en accomplir. On lit, ans», dans les vies de saint Ep^nçois d'AssiseV de sainte Catherine 4e Sienne, de sainte Elisabeth de Hongrie, et ailleurs, des exemples semblables.^ Un malade, qui voyait tout son corps tomber ai corruption, était l'horreur et l|,/ehut de Ji'hôpital ; l'infection de se&plaies , leur contagion peut-être, tout éloignait de ce déplorable infirme ^• Xavier seul lui prodiguait tous ses soins avec prédilection et ave^"" le plus tendre amour de ses entrailles. Il purifiait et pansait ses ulcères; incliné sur sa couche» il respirait, pour J&us-Christ, soif* haleine fétide. Un jour, enfin, craignant d'ëprOuyer en Ip-mêniek, les déUcatesses et les répulsions de la nature, il vonlut pratiquer d^ne manière absolue le précepte d'Ignace, de se vaincra soi- , même et de subjuguer ses ses^ par les, expérieéces les plus déci-^ " sives: il appliqua ses lèvres atix plaies de son malade, et dans une aspiration vraiment samte, il but à la feis le calice impur de ce ^, sang corrompu, et la rosée surabondante dont le I^eu de vérité rafraîchit les phis parfaites en%e ses créatures'. Féconde victoire, qui confirma le P. François, pour toute sa vie, contre les révoltes de la nature :iles cancéreux les plus invétérés et les plus hideux, les infortunés infectés de la lèpre et deTéléjèantiasis, si multipliés dans les Indes, ne cessèrent d'être ses amis les plus chers :

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et daiis cettelmmense charité, que de grâces lui furëiwFacc^^éesf, que de ihiraçles il opéra, que d'âmes il ramena daifô^île sdn de , Jésus-Christ! " '-

Au temps du Carême de 1537, |es Pèr^ se mirent en devoir ^ d'aller implorer la bénédiction dniéouverairi pooti^ pour leur^^^ voyage de Terre-Sainte. Malgré là loi rigoureuse du jeûne, et l'obligation qu'ils s'étaient imposée de rie vivre que d'aliments rejçus par ^ii^ aumône, ils ne c^pu-ent point devoir diÔérer leitf départ Dieu le?* âft éprouva par d'excessives fatigues et par toutes les souffrances de'i— la sainte pîiuvreté. Mais ils persévérèrent dans le jeûne et dans l'oraisori, bénissant Dieu de les tenir ainsi dépourvus, nus dans sa main, et ne recevant que de sa Provi(i^ce le pain précieux de ^. l'aumif^er ^ >?

JA peiné arrivés dans Romèf ils s'empressèrent d'aller se prosterner devant lès portes sacrées des apôtres, et de visiter pieusement les sanctuaires vénérés de la métropole universelle. Paul III, de la famille Earnèse, à qui la Compagnie de Jésus è|t redevable de son institution, étendit parler des nouveaux missionnaires par " le docteur Peiito Ortiz, àmbassadeuï' de l'empereur Charles-Quint auprès du.saint-siége. Le pontife les accueillit avec des sentiments vraiment paternels, et voulut les enteôdre discourir sur les matières les plu^^ravés de la philosophie et de la théologie. En effet, ce pape vénérable avait pour coutume de faire 4fesërter en sa présence les plus éminents docteurs de sa cour à l'heure de ses repas. Le P. jFrançok parla plusieurs ibis devant le saint-père, et fit paraître, à la gratta Qojisblation dupastgur suprême, une science et une éloquence très^arfàites. Paul lit, non^seulement approuva le passagères nouveaux apôtres dans la Terre-Sainte; et leur intention de' porter la foi parmi lés infidèles ; mais il les confirma dans leur dessein par l'autorité des clefs de Saint Pierre^ et leur remit sur les, fonds de son trésor la somnaé riécessairé à leur navigation. Les Pères, résmant cette somme pour n'en feire l'emploi que selon.les vues du pontife, reçurent humblement sa bénédiction et

revinrent à Venise. *J8f:

Les Pères attendirent dans les États de Venise jusqu'à la fin de l'année 1557, pour observer les termes de leur vœu; mais la guerre qui régnait alors entre l'enipereur Soliman et la répu4,,

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