‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 6 sur 759 · CHAPITRE PREMIER (J.506-15Û1). XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER (J.506-15Û1). XVI

blique vénitienne ne leur permit pcM^d^; passer en Terre- Sainte. 4

Ce fut à Venise que, réunis tous ensemble, ils s'obligèrem par les vœux perpétuels de pauvreté et de chasteté, entre les mains de Jérôme Veralli, archevêque de Rosane et légat apostolique auprès de la Seigneurie. Xavier reçut également à Venise tous les ordres sacrés, et fut initié au sacerdoce, le jour de saint Jean-Baptiste 1537, par Vincent, évêque d'Arbe. Les admirâmes sentiments de Xavier dans les divers degrés de l'échelle sainte, qui relevèrent jusqu'au ministère sacré de prêtre de Jésus-Christ^ sont décrits avec abondance parle P. LUcena. Afin de se préparer à célébrer pour la première fois le divin Sacrifice, il se retira sur le mont Felice, k quatre lieues dePadoue, dans une cabane de chaume, et il y séjourna durant quarante jours, dans la contemplation et dans la prière, ne subsistant que de vils ahments, qui lui étaient donnés par aumône dans les lieux d'aleutour. Après sa retraite, il parcourut les campagnes pendant deux ou trois mois pour catéchiser les pauvres villageois, et l'on raconte que son visage^nitent produisait souvent la plus merveilleuse impression sur seS auditeurs. Enfin, il célébra sa première messe à Vicence, entouré de tous ses compagnons, avec une grande âjbpndance de larmes et dans des sentiments ineffables ; et les historiens ajoutept que toutes les fois qu'il célébra les? saints mystères, pendant sa vie entière, ce fut avec la même ferveur et les mêmes sentiments d'amour, ïï^ ^ .i

Sa dévotion ardente et les austérités qu'il pratiquait l'avaient sr complètement énervé qu'il tomba gravement malade peu de jours après cette première messe. Il se fit porter à l'hôpital de la ville, et y reçut l'accueil du plus pauvre et du plus délaissé de tous, dans une chambre ouverte aux intempéries des saisons : ce fut an lit misérable, partagé même avec un autre infirme, qui reçut le serviteur de Dieu, et Xavier rendit ainsi témoignage à la sainte Pauvreté dont il avait fait vœu. Alors Dieu , dit un des historiens du Saint, envoya pour le visiter le grand docteur saint Jérôme, vers qui tant de fois jadis, il avait élevé son âme parmi ses études philosophiques. Le saint docteur lui apparut sous une forme glorieuse, se pencha vers lui , et lui parlant d'ami à ami , lui annonça sa prédication prochaine à Bologne, et les œuvres réservées à ses autres compagnons. La vertu seule de cette apparition lui rendit la santé.

VIE DE SAINT FRANÇOIS-XAVIER

Ignace, accomplissant la prédiction de saint Jérôme, déclara peu de jours après à ses Prères que, le voyage de Jérusalem leur étant refusé, ils devaient aller se dévouer aux volontés du souverain pontife : mais quelques-uns pouvant sufiQre à cette humble démarche , les autres devaient dès l'heure même se répandi'e dans les universités d'Italie, pour inspirer aux étudiants la crainte de Dieu, et pour s'aggréger parmi eux de pieux et savants compagnons.

Les PP. Xavier et Bobadilla reçurent en partage la .viUe et l'université de Bologne. .

Le lendemain de son arrivée, Xavier alla célébrer la sainte messe au tombeau du vénérable patriarche saint Dominique. Deux pieuses dames, du tiers ordre de Saint-Dominique, le voyant à l'autel, reconnurent en lui des marques si évidentes de sainteté qu'elles se sentirent portées à l'entretenir après la messe. Ravies de sa conversation, elles s'empressèrent d'avertir l'oncle de l'une d'elles, Jérôme Casalini , recteur de l'église Sainte-Lucie, qui le recueilUt dans sa maison ; mais Xavier ne voulut jamais accepter la table de celui dont il acceptait le couvert, et il vécut du pain de l'aumône pendant la durée de son séjour à Bologne.

Les deux Pères accomplirent avec un saint zèle, durant plusieurs mois, les différents ministères de l'apostolat. Tous les jours, après une longue méditation, ils célébraient le Saint-Sacrifice, et se rendaient dans les hôpitaux et dans les prisons pour visiter les malades et les détenus, et pour leur prodiguer tous leurs charitables offices dans le temporel et dans le spirituel. Ils enseignaient la doctrine chrétienne aux ignorants, entendaient la confession de toutes les personnes qui s'adressaient à eux, et prêchaient continuellement en présence du peuple. Dans le choix de leur auditoire et des matières de leurs discours, dans la forme et dans le génie de leurs prédications, dans leur but et dans les effets de leurs travaux, tout respirait le zèle de la gloire divine et du salut des âmes. Souvent Xavier, dans les rues de Bologne, montait sur un banc apporté de la maison voisine, et de sa barrette, appelant les personnes qui passaient, conviait le peuple à venir écouter la* parole divine. Le peuple, à l'origine, ne venait qu'avec surprise et par curiosité ; mais ce fut bientôt avec une dévotion et une ai'deur singulières cpi'on accourut aux prédications de Xavier. Les images sensibles des vérités religieuses, les précieux remèdes contenus dans les sacre-

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