LIVRE VI. — LETTRE QUATRIÈME
— et ces retards devant causer un très-grave pr^udice à la prédication évangélique, que sa majesté prend à cœur plus qu'aucun autre intérêt du monde, le gouverneur déclarel'ait de la manière la plus absolue que la personne qui se rend coupable d'une infraction de ce genre comm.et un acte de rébellion formelle et volontaire contre les ordres du roi. C'était, ajoutera-t-il, à la seule condition, stipulée dans les formes, qu'on ferait route en ligne droite et sans relâcher nulle part, que le capitaine a reçu la mission de transporter nos Pères; autrement, et d'après la volonté du roi , si le capitaine n'avait pas contracté cet engagement, on les aurait mis sur un autre navire, et confiés aux soins d'un autre capitaine.
Vous enverrez à nos Confrères qui résident au cap Comorin une copie de la lettre très-étendue que je vous ai adressée le 3 novembre. Aussitôt que nous seront apparues des espérances positives du côté de Méaco, je m'empresserai de vous en écrire avec de grands détails), ainsi qu'à nos Frères de Coïmbre et à nos Pères de Rome. ■
Si Dominique Carvalho n'est pas encore initié au sacerdoce , vous prierez le seigneur évêque de vouloir bien l'ordonner.
Vous ferez en Sorte tie conserver l'amitié de Ruiz Gonçalez et de vous le concilier par la déférence la plus absolue , car il est de notre intérêt qu'il nous soit favorable, les chrétiens du cap Comorin étant confiés à ses soins , et les Pères de notre Compagnie, qui sont chargés des œuvres de la religion dans cette contrée, se trouvant tous les jours et dans mille circonstances dans le cas de recourir à la protection de ce personnage.
Je désire'^voir par vous des nouvelles de Melchior Gonçalez et du collège de Baçaïm ; des Franciscains qui occupaient ce collège : je désire connaître si des Frères de leur Ordre sont venus récemment du Portugal ; si le collège de Baçaïm , remis ainsi que vous le savez , dans les mains de notre Compagnie, continue d'être administré