‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 510 sur 759 · LIVRE VI.— LETTRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VI.— LETTRE QUATRIÈME

par elle, et si l'on a lieu d'espérer que cet état de choses se perpétuera : vous aurez soin , dans vos premières lettres de me parler avec étendue de ces différents sujets.

Vous ajouterez ce qui regarde le P. Nicolas : quels fruits il recueille de ses travaux à Coulan ; s'il poursuit avec zèle l'œuvre que je lui ai très-vivement recommandée , et qui est très-essentielle, afin d'initier aux lettres les enfants chrétiens de Gomorin et de seconder nos Pères qui sont envoyés dans ces contrées; je vous prie^et je vous conjure de nouveau, ne permettez qu'aùçtin de ces Pères manque de rien absolument ; allez par votre vigilance audevant de toutes leurs demandes et même de leurs désirs ; servez-les en toute occasion par votre influence auprès du gouverneur et de l'intendant des finances de S. M., afin qu'ils soient pourvus de tout le nécessaire; enfin, dans les cas d'urgence absolue, et lorsque vous ne pourrez les assister différemment d'une manière expéditive, venez momentanément à leur aide avec les ressources propres de votre collège.

Je désire aussi connaître par vos lettres si les prédicateurs de notre Compagnie que l'on attendait de Portugal sont arrivés à Goa, quel en est le nombre, quels sont les talents de chacun d'eux. S'ils étaient arrivés, vous auriez égard avant toutes choses, en les distribuant, au besoin qui se fait sentir d'un excellent prédicateur dans la cité de Cochin, besoin qui m'est très-avéré.

Tout ce que je vous écris, l'est également pour le P. Paul, à qui vous le communiquerez; c'est à lui qu'appartient le devoir d'assigner aux prédicateurs les lieux de leur mission, et de les envoyer en vertu de son autorité.

Deux bonzes japonais partent pour aller vers vous; ils se sont formés dans les académies de Méaco et de Bandou. Appliquez-vous à vous conciher leur amitié par tous les témoignages d'une charité parfaite. Les Japonais , en général , sont vivement touchés par les égards et par les procédés affectueux.

tIVBE VI.— LETTRE QUATRIÈME.

• Ne négligez aucune occasion de gagner l'entière faveur du seigneur évêque ainsi que du vicaii'e épiscopal; donnez-leur des marques d'un dévouement et d'une vénération absolus, obéissez à leurs moindres signes, et soyezleur soumis en toutes choses : ils sont en effet nos supérieurs : que tout ce que vous aurez à traiter avec eux le soit avec une déférence et une humilité de votre part qui en rende la conclusion mille fois plus simple et plus .rapide. • • .4:

Je vous en prie de nouveau : pour le départ des Pères que j'ai appelés et que vous devez faire embarquer au temps indiqué, que votre dûigence soit extrême etne laisse rien à désirer. Si Dieu favorise nos desseins et seconde nos travaux, vous devrez recevoir avant une année des lettres de nous datées de Méaco. };;?'

Que Notre-Seigneur vous comble d'autant de grâces sur cette terre, et d'autant de gloire dans le Paradis, que j'en désire pour moi-même ! ^^-

De Cangoxima, le 5 novembre 1549. •

A" ce qui précède et que j'ai dicté, j'ajoute ceci de ma main : %

Au nom de votre amour pour Dieu Notre-Seigneur, je vous conjure de vous occuper avec zèle de vous concilier l'amitié sincère de tous nos Confrères de la Compagnie, et de chacun d'eux en particulier. Yous serez assuré d'y parvenir, si vous consolez ceux qui sont près de vous par de bonnes paroles et par des témoignages d'affection, ceux qui sont éloignés par des lettres fréquentes et pleines de charité.

Je désire singulièrement que vous ayez un lieu et une heure déterminés , pour donner aux ignorants un enseignement régulier de la doctrine chrétienne : je désirerais même que cet enseignement eût lieu dans l'église épiscopale, et que, dans la même église, vous pussiez, les dimanches et les jours de fête, prêcher le matin au peuple

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