‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 518 sur 759 · LIVRE VI. — LETTRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LETTRE SIXIÈME

Dieu et N.-S.-J.-C A la seconde réunion où nous exposions ces doctrines, nos chrétiens témoignèrent y prendre une satisfaction extrême; car ils pénétraient à merveille le sens de nos discours. Les esprits japonais sont éminemment subtils et sensibles à la raison ; ils reconnaissent l'évidence de la vérité chrétienne et la fausseté de leur religion, mais ils ne veulent point embrasser la religion de J.-C, par la crainte de leur prince.

Vers la fin de l'année, voyant ce seigneur s'opposer entièrement à la propagation de notre religion, nous avons résolu de passer dans une autre contrée. Nous avons pris congé de nos néophytes, que leur amour extrême envers nous pénétrait de douleur, et qui cependant nous rendaient grâces d'être venus, au prix de tant de peines, leur enseigner les voies du salut; notre départ les a profondément contristés. Nous avons laissé parmi eux leur compatriote Paul, excellent chrétien, pour instruire les nouveaux convertis sur les articles de la religion.

Dans une autre ville (1), par où nous sommes passés, le prince nous a accueillis de la manière la plus favorable.

En quelques jours que nous y sommes demeurés, nous avons converti à J.-C. environ cent personnes. Aucun de nous ne possédait la langue japonaise, et néanmoins par la lecture publique de notre volume à moitié japonais, et par le peu de paroles que nous adressions au peuple, nous en attirâmes un grand nombre à la foi de J.-C.

Cosme de Torres a été chargé de diriger ces néophytes, et, avec Joam Fernandez, je me suis rendu à Amanguchi (2), principale place d'un seigneur très-puissant, au dire des Japonais eux-mêmes.

Cette ville renferme plus de dix mille familles. Elle est entièrement construite en bois. Nous y trouvâmes un grand nombre de personnes, tant du peuple que de la noblesse,

(1) Firando (par 33" 35'. lat. N.). Capitale d'un petit royaume du même nom. Son port, très-sûr, fut fréqiienté de bonne heure par les Portugais.

(2) Amanguchi (vers le 34° N.). Capitale du royaume de Naugalo.

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