‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 521 sur 759 · LIVRE VI. —LETTRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VI. —LETTRE SIXIÈME

part étaient d'une condition élevée , et après s'être faits chrétiens, ils nous ont bientôt fait paraître un tel dévouement que je ne trouverais aucunes paroles pour l'exprimer. Les nouveaux chrétiens nous exposaient fidèlement les mystères ou plutôt les folies des religions japonaises ; car, ainsi que je vous l'ai dit d'abord^ il existe neuf sectes au Japon, toutes fort différentes par leurs préceptes et leurs institutions. Étant au fait des doctrines de ces sectes, nous avons étudié les arguments propres à les combattre. Aussi, chaque jour, nous pressions de questions et d'arguments les bonzes qui empoisonnent les esprits des hommes , et les autres ennemis de la loi chrétienne , jusqu'à ce qu'enfin ils n'eussent plus rien à répondre dans la discussion de leurs principes*^ Les chrétiens s'applaudissaient de voir les bonzes réduits »au silence, et se confirmaient tous les jours davantage dans la foi de J.-G.

Pour les païens qui assistaient aux conférences, ils se sentaient fortement ébranlés dans leurs croyances, en voyant tomber en poussière leurs traditions antiques. Quant aux bonzes , ils en concevaient un profond ressentiment : présents tous les jours à nos enseignements, et voyant sans cesse de nouveaux convertis se déclarer chrétiens, ils les accusaient avec fureur de déserter la religion de leurs ancêtres pour en embrasser une toute nouvelle. Les néophytes répondaient qu'ils embrassaient la loi chrétienne, parce qu'ils l'estimaient plus conforme que la leur propre à la raison naturelle, et parce qu'ils nous voyaient répondre victorieusement aux arguments des bonzes, tandis que les bonzes étaient muets aux nôtres.

Les Japonais, en général , sont d'un naturel curieux et pleins d'ardeur pour s'instruire. Entre eux, ils ne cessent de préparer d'avance leurs questions et leurs réponses. Ils sont surtout désireux d'entendre des explications nouvelles en matière de doctrine. Avant notre arrivée, ils étaient sans cesse occupés, ainsi que nous l'avons appris, à disputer entre eux, chacun pour sa secte, qu'il prétendait

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