‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 522 sur 759 · LIVRE VI. — LETTRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LETTRE SIXIÈME

être la meilleure. Mais après nous avoir entendus, laissant là les disputes sur le genre de vie et la doctrine des sectes différentes, tous se sont mis à argumenter sur la religion chrétienne. Il est merveilleux qu'au sein d'une si grande vUle, dans toutes les maisons et dans les autres lieux, la loi divine soit l'objet de la conversation générale. Si je me proposais de vous exposer ici la série des arguments qui nous sont proposés, je ne cesserais jamais d'écrire.

Les Japonais ont une grande idée de la sagesse des Chinois , soit sur les mystères de la religion , soit dans la règle des mœurs et dans les institutions civiles. Souvent ils insistaient sur cette proposition, que si la vérité était telle que nous le présentions, les Chinois n'auraient pu l'ignorer.

Après de longues conférences et de longs combats, les habitants d'Amanguchi commencèrent à entrer dans l'Éghse de J.-C. : les uns étaient du peuple, les autres de 1^ noblesse : en deux mois il y eut environ 500 chrétiens ; et le nombre s'en accroît tous les jours : nous avons |ieu de nous réjouir et de rendre grâce à Dieu , en voyant un si grand nombre de personnes embrasser la religion de J.-C, et nous découvrir les mensonges des bonzes et les secrets de leurs livres et de leurs sectes. Car, parmi les nouveaux chrétiens, tous suivaient des sectes différentes : et les plus savants d'entre eux nous exposaient le genre de vie et la doctrine qui leur étaient propres. Sans la science de ces néophytes, jamais je n'aurais assez profondément pénétré dans les mystères des sectes abominables du -Japon, et je n'aurais jamais pu les vaincre. On ne saurait croire combien les chrétiens nous aiment : ils viennent à toute heure nous demander en quoi leurs services peuvent nous être utiles. Naturellement il est vrai les Japonais sont obligeants et empressés; mais nos chrétiens, tant est grande leur amitié pour nous , se montrent affectueux et dévoués à l'extrême.

Que Dieu dans sa miséricorde les en récompense, et

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