LIVRE VI. — LETTRE SEPTIÈME
qu'il nous accorde également, mes Frères, son éternelle félicité!
Amanguchi, 20 novembre 1550.
Votre frère très-aflectionné en J.-G.
François,
A des luarctaauds.
Si, sur la lettre que je vous adresse, vos nomsne sont point exprimés, ainsi que c'est l'usage, n'en soyez pas surpris, car je vous écris uniquement afin de les connaître. Je vous conjure de daigner m'apprendre qui vous êtes, quel est le nom du navire qui vous amène; je désire également savoir quel est l'état des affaires à Malacca. A votre départ de cette ville, avez-vous laissé toutes choses en bon ordre et en paix? Daignez, je le répète, me répondre à ces différents égards, par écrit et en peu de paroles : et cependant prenez en bonne part le conseil que je vais vous donner, de dérober aux occupations de votre commerce un court intervalle pour le consacrer à l'examen de votre conscience. Croyez-moi, cette affaire est de toutes la plus avantageuse ; elle procure un bénéfice infiniment plus sûr et plus abondant que l'échange de toutes les marchandises d'Europe avec les fourrures ou les soieries de la Chine, quand même cette opération vous donnerait un gain d'une valeur égale à votre existence. J'ai formé le dessein , si Dieu me le permet, de me rendre auprès de vous dès que vous m'aurez répondu, afin de vous saluer.
Que Dieu, Notre-Seigneur, dans sa clémence infinie, nous conserve toujours sous sa divine main, qu'il nous maintienne dès ce monde, par l'effet de sa grâce, fermes, persévérants, fidèles à servir sa Majesté suprême ! Ainsi soit-il.
D'Amanguchi, le 1" septembre 1551.
Votre frère en J.-C. François.