‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 529 sur 759 · LIVRE VIL — LETTRE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LIVRE VIL — LETTRE PREMIÈRE

montrer l'incohérence et la contradiction des fausses doctrines. Ils rougissent, en effet, ces bonzes, et se sentent merveilleusement confondus, si le peu d'harmonie et même la contradiction de leurs dogmes sont révélés au grand jour ; Qu quand, enlacés par un raisonnement invincible, ils ne peuvent s'en dégager. A ces dons de l'âme, il faut unir une force corporelle capable de résister auï frimas les plus rigoureux; Bandou, la première des académies japonaises, est située dans la partie la plus septentrionale de ces îles, et les autres académies en sont peu éloignées; au Japon l'on 'est persuadé que l'intelligence et le génie sont surtout le partage de ceux qui sont nés sous un ciel rigoureux. Pour l'existence, le riz est presque l'unique aliment, quoique l'on trouve un peu de froment et quelques plantes légumineuses, mais celles-ci n'ont qu'un suc léger et peu favorable à la santé ; le vin consiste en la liqueur exprimée du riz, encore il est très-rare et d'un prix élevé. Mais la plus douloureuse épreuve est la continuelle in* quiétude, causée par les périls de chaque jour. Les vieillards ne conviennent pas à la culture de ces pays; ils manqueraient de forces pour les travaux indispensables ; ni les jeunes gens, si ce n'étaient de ceux en qui l'imperfection de l'âge serait suppléée par la grandeur des vertus, confirmée parles expériences les plus décisives ; autrement, sans pouvoir servir les autres, ils se perdraient eux-mêmes; tellement les tentations et les occasions des péchés de toutes sortes sont communes. Ajoutez que les esprits des hommes, plus déhcats ici qu'en aucun autre lieu, s'offensent facilement de l'apparence, même la plus légère, d'un exemple qui serait imparfait , dans les personnes qui se donnent pour les précepteurs des autres.

J'écris tous ces détails au P. Simon, ainsi que je vous l'ai dit ; ou, en son absence, au recteur de Goïmbre. Je serais heureux que votre sainte Charité daignât écrire à Coïmbre, afin que les missionnaires destinés pour le Japon lui fussent d'abord adressés à Rome.

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