LIVRE VIL — ^^ LETTRE PREMIÈRE
blanc, imberbe, avec de petits yeux. Les esprits sont polis et amis de la paix, qui fleurit parmi eux depuis tih temps infini, sans aucune apparence de gilërre. Si de nouveaux obstacles ne surviennent et n'àltèrefit l'effet de mon dessein, j'espère, en cette année 1552, fàîrè voile pour la Chine, où m'attire l'espérance de concourir puîàsamment à dilater l'œuvre de Dieu , pour le bien éternel de la nation chinoise et de la japonaise. Si les Japonais apprennent que les Chinois ont embrassé la loi de Jésus- Christ, il y a lieu d'espérer qu'ils sentiront s'affaiblir en eux l'endurcissement qui les attache à leurs secles mensongères. Je suis plein de cette confiance, que bientôt les Chinois et les Japonais, par les soins de notre Compagnie, renonceront à leurs superstitions idolâtriques , et adoreront Jésus-Christ, Sauveur de tous les peuple^. ; .•
Nous avons écrit un ouvrage en langue japonaise, expliquant l'origine du monde et tous les mystères de la vie de J.-C. Nous avons transcrit le miême livre en èàractèfes chinois, et nous pensons emporter cet exemplaire avec nous lorsque nous irons dans la Chine, afin qu'en même tentfps que nous apprendrons la langue du pays , nous puissions moïitrer auï Chinois un témoignage, écrit en dès car jicfêres connus d'eux, des vérités que nous venons lettf Sitinùlik&t,
Je prie ardemmeftt votre sainte Charité, a[u tiditi de ë6% amour pour Dieu, et de son zèle pour le service diviïi, deiÉè recommander elle-mênie chaque jour à Dieu, et avec èllej|: toute la Compagnie, dans vos prières et dans vos Saints- Sacrifices. Je sollicite avec ardeur, et votre sainte Charité sera mon interprète et ma médiatrice, lés suffrages spirituels de totis les Pères, principalement ëés profès, et leur intercession efficace auprès du cdtBtaun Maître, en union avec les mérites de toute l'Église militante, et avec les prières de tous les bienheureux (fui vivants étaient de notre" Com"ï)ïignîe , avec les vœux unaniines dé l'Église triôtnphante , afin de* m'obtenir de Dieu Notre-Seigneur la connaissance évidente, en cette vie, de ce que ^a sainte vo-
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LI¥ft£ VII. — LETTRE DEUXIÈME.
lonté réclame de ma part, et le secours et les forces nécessaires pour accomplir, dans leur intégrité, dans leur perfection, tous ses commandements et tous ses desseins.
Cochin, 29 janvier 1552.
Le dernier de vos fils, et le plus éloigné de votre présence.
François. '-1
A la Compagnie, en Europe.
Que la grâce, etc.
Le 15 août 1549 nous sommes tous, avec la grâce de Dieu, arrivés au Japon en parfaite santé. Nous avons pris terre à Cangoxima, patrie de nos compagnons. Nous avons reçu l'accueil le plus amical de tous les habitants, et surtout des parents du néophyte Japonais Paul; et tous, ouvrant les yeux à la vérité qui leur était montrée, se sont faits chrétiens à la persuasion de Paul. Pendant notre séjour à Cangoxima, les habitants nous ont paru goûter jÉerveilleusement les enseignements de la loi divine, entièrement nouveaux pour leurs oreilles. :
Le Japon est un vaste empire tout composé d'îles. On y i^farle un langage unique , qui n'est point difficile à apprendre. Cette contrée fut découverte par les Portugais il y a huit ou neuf ans. Les Japonais sont très-ambitieux d'honneurs et de distinctions, et se présument supérieurs à toutes les nations pour la gloire des armes et la vertu militaire : aussi méprisent-ils les autres peuples en comparaison d'euxmêmes. Ils font de leur appareil guerrier un objet de gloire et de dépense, et n'ont rien dont ils soient plus fiers que d'armes ciselées d'or et d'argent. Ils portent toujours le poignard, à la maison comme au dehors. Lorsqu'ils se li-