LIVRE VII. —LETTRE DEUXIÈME
premier est de ne point tuer, et de ne rien manger qui aît ' été tué; le second, de ne point voler; le tro i ; ( i^ < , ' < point commettre l'adultère ; le quatrième, de ne point mentir; le cinquième, de s'abstenir de vin. Ces principaux devoirs sont communs à toutes les sectes. Toutefois les bonzes et les bonzesses, en dénonçant au peuple la force obligatoire de ces lois, lui ont persuadé que les personnes profanes et engagées dans les aif aires du monde ne peuvent ellesmêmes observer les cinq préceptes; mais qu'eux-mêmes sont prêts à satisfaire pour tous les résultats funestes de cette inobservation, à la condition que le peuple leur bâtira des couvents, et leur fournira des revenus annuels, et les sommes nécessaires à leur entretien; enfin qu'on leur rendra toutes sortes d'honneurs et d'hommages : ces conditions étant remplies par le peuple, ils observeront en sa place la loi tout entière. Aussi les principaux et les plus riches de la contrée, afin de joTiir d'une pliis grande licence dépêcher, ont concédé aux bonzes tout ce qu'ils désiraient. Delà résulte que les bonzes jouissent d'une grande vénération parmi les Japonais : tout le monde est persuadé qu'à leur prière les âmes sont exemptées des enfers, les bonzes ayant pris sur eux de satisfaire à la loi pour la nation entière. - ^
Les bonzes prêchent en public" â dé certains Jours. Le fondement de tous leurs discours est que nul d'entre le peuple ne sera condamné à descendre aux enfers, quel que soit le nombre de ses crimes passés et présents. L'auteur de leur secte les eût-ils condamnés aux enfers, les bonzes les retireront du milieu des flammes : si seulement, ayant satisfait pour eux, ils se portent leurs intercesseurs. Et les bonzes eux-mêmes exaltent singulièrement, aux jeux du peuple, leur propre sainteté, qui consiste dans l'obéissance aux cinq lois. En même temps ils dénient aux pauvres, qui sont dépourvus des moyens d'enrichir les bonzes, toute espérance d'être exemptés des enfers. Ils ont coutume de mettre les femmes au même rang que les pau-
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