‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 537 sur 759 · LIVRE VIT. — LETTRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VIT. — LETTRE DEUXIÈME

souveraineté s'étend assez loin dans la contrée, que s'il laissait introduire dans ses États notre divine religion, non-seulement tout son royaume, mais le culte même des dieux et les institutions de ses ancêtres seraient bientôt infailliblement ruinés, et qu'il devait défendre, sous peine de mort, que personne, à l'avenir, ne se fit chrétien. Après une année écoulée , voyant ce prince publiquement opposé à la propagation de l'Évangile, nous dîmes adieu à nos néophytes de Cangoxima, et à Paul, que nous laissâmes pour veiller sur eux, et nous passâmes dans une ville du royaume d'Amanguchi, où un grand nombre de personnes s' étant converties à la religion chrétienne, je leur donnai pour les instruire le P. Cosme de Torrez.

Je me suis rendu avec Joam Fernandez, à Amanguchi, capitale du royaume, ville immense et qui renferme au delà de dix mille maisons ; nous y avons annoncé l'Évangile au peuple sur les places publiques, aux princes. et aux seigneurs dans leurs habitations. Plusieurs nous écoutaient avec avidité, d'autres avec indififérence. Nous n'étions pas toujours à l'abri des injures, de la pairt des en- ' fants et des gens grossiers, qui'' accouraient sur notre passage, en nous prodiguant les insultes. Le roi du pays nous fit appeler en sa présence, et nous ayant demandé les causes de notre venue , nous invita de lui-même à lui exposer la loi de Dieu ; il nous entendit avec une attention profonde pendant une heure entière, tandis que nous lui parlions sur la religion.

Mais nous apercevant du peu de fruits de notre zèle et de nos travaux dans Amanguchi, nous nous rendîmes à Méaco , métropole de tout le Japon , et siège de l'empire. Ce voyage employa deux mois, et nous n'y arrivâmes qu'après avoir éprouvé des fatigues et des dangers infinis. Autrefois Méaco renfermait, dit-on, 180,000 familles; aujourd'hui, par l'effet des maux de la guerre, elle n'en contient qu'un peu plus de 100,000. Dans cette ville, nous ne pûmes réussir à voir le souverain, et, ayant reconnu que

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