LIVRE VIL— LETTRE DEUXIÈME
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les esprits des habitants étaient trop agités par les émotions de la guerre, pour être disposés à entendre des discours sur la religion, nous sonîmes revenus directement à Ainanguchi. , , ^
Le roi parut sensible aux lettres et aux présents que nous avions apportés des Indes et de Malacca, de la part de l'évêque et des gouverneurs, et nous en obtînmes, non sans peine, des édits où il déclarait avoir pour agréable la promulgation de la loi divine dans les villes de ses États, et la profession de cette loi par ceux de ses sujets qui l'approuveraient. En même temps, il nous témoigna de grands égards , et nous fit assigner un monastère pour notre demeure. C'est là que , par des prédications de chaque jour et des conférences avec les bonzes , race de gens pervers, et avec les personnes qui leur ressemblaient, nous avons converti à la religion de Jésus-Christ un grand nombre de personnes, parmi lesquelles plusieurs étaient de la noblesse. Dans le nombre, nous avons trouvé des hommes instruits, de qui nous nous sommes servis pour approfondir les mystères des sectes et des opinions japonaises, afin d'en triompher pai^ des raisonnements et des preuves en rapport avec elles. Aussi les bonzes, se voyant trahis par les leurs , et convaincus dans la dispute en présence du peuple, se sentirent enflammés de douleur. Nous voyions surtout éclater leur dépit, lorsque ceux qui entraient dans les rangs des chrétiens, donnaient publiquement pour motif de leur profession de la religion nouvelle, qu'ils avaient reconnu que la religion de leurs pères ne trouvait aucune défense de la part des bonzes qui en étaient les oracles. Les doctrines japonaises n'apprennent rien absolument sur l'origine du monde, du soleil, des étoiles, du ciel, de la terre, de la mer et des autres êtres physiques, et les bonè;es ne pensent pas que tous ces êtres aient une origine extérieure à leur substance. Les Japonais se montraient surpris au plus haut degré , lorsqu'ils entendaient dire qu'il existait un seul auteur et père commun des âmes , par